Interview avec une legende

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Interview avec Alan White (Yes)

Quelques heures avant le concert de Yes au Grand Rex, nous avons rencontré Alan White, leur batteur depuis près de 42 ans, dans un hôtel à deux pas de la salle. Vous l’avez inévitablement entendu jouer, car c’est lui qui tient les baguettes sur l’album Imagine de John Lennon et All Things Must Pass de George Harrison. Et ce n’est pas fini, car Yes publie son nouvel album en juillet prochain.

D’où vient l’idée de jouer l’intégralité de pas moins de 3 albums sur scène ?

Alan White : Yes étant Yes, le groupe est réputé pour faire les choses de manière démesurée. Nous avons trouvé l’idée intéressante de jouer un album en entier sur scène, alors pourquoi ne pas en faire trois ! Comme d’habitude on nous a traités de fou. Yes fait partie des pionniers dans la matière, car nous avions joué l’intégralité de Tales From Topographic Oceans sur scène dans les années 70. En rappel, nous jouions Close To The Edge, qui dure près de 20 minutes. Le concert avait duré plus de 3h.

Que peux-tu nous dire au sujet des 3 albums joués ce soir ?

Alan White : Close To The Edge est un classique dans la discographie de Yes. Beaucoup de monde en connaît les chansons. L’album reflète bien l’ambiance dans le groupe à cette époque. Going For The One a marqué un changement musical, car il est plus orienté rock. Mais il contient également les ingrédients qui font la particularité de la musique de Yes, notamment le morceau Awaken. En ce qui concerne The Yes Album, il contient la plupart de nos tubes, dont I’ve seen all good people et Starship Trooper. Le public semble très satisfait de ces shows.

Tu n’as participé à qu’à l’enregistrement studio de l’un d’eux, Going For The One, sorti en 1977.

Alan White : Oui, mais ça va faire 42 années que je joue les morceaux de The Yes Album et Close To The Edge sur scène (rires) ! Bill Bruford a quitté le groupe avant la tournée de Close To The Edge. Je suis le seul à avoir perfectionné ces morceaux sur scène.

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Votre nouvel album Heaven & Earth est en cours de mixage et va sortir en juillet prochain. C’est plutôt étonnant que vous n’en présentiez pas un ou deux extraits sur scène.

Alan White : C’est habituellement ce que nous faisons. En ce qui concerne le concept spécial du show ce soir, nous l’avons fait à plusieurs reprises aux Etats-Unis. Nous trouvions donc dommage de ne pas également en faire profiter le public européen. Mais nous allons prochainement changer le format des concerts à venir, en incluant de nouveaux morceaux.

Que peux-tu nous dire au sujet du nouvel album ?

Alan White : A la différence de Fly From Here, sorte de concept album qui contient un morceau divisé en plusieurs parties, Heaven & Earth est composé de morceaux uniques. Jon Davison, notre nouveau chanteur, est un musicien et compositeur extrêmement talentueux. Il a donc participé à l’écriture de la plupart des morceaux. L’album contient des passages plus complexes dans la tradition de Yes, à la fois il contient des morceaux facilement mémorisables. Il m’arrive d’en chantonner certaines dans la rue (rires) ! J’ai collaboré avec Jon Davison sur l’un des morceaux. Je suis certains qu’il plaira beaucoup.

Pour quelle raison sortir de nouveaux albums, alors que le public se déplace généralement pour entendre vos anciens morceaux.

Alan White : Il est impératif que nous continuions à être créatifs. Tous les membres composent chez eux. Il est donc important que nous puissions publier ces morceaux, car il faut bien remplir notre emploi du temps en dehors des périodes passées sur les routes. Et puis c’est gratifiant de publier de nouvelles chansons et ne pas nous reposer sur nos lauriers. Nous allons présenter nos nouvelles compositions sur scène prochainement. Nous avançons, c’est la raison pour laquelle on nous définit comme un groupe de rock progressif.

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Je fais partie des personnes qui ont été bercées par votre tube Owner Of A Lonley Heart, tiré de l’album 90125.

Alan White : 90125, que tu veuilles le croire ou non, est notre plus grand succès commercial (je le crois volontiers !). Il a réalisé des meilleurs chiffres de ventes que les trois premiers albums réunis. Mais c’est une période à part dans notre histoire. A vrai dire, j’aimerais beaucoup rejouer des morceaux de cet album sur scène. Et nous le ferons certainement à l’avenir, car on ne peut tout simplement pas ignorer cette période de Yes.

J’ai lu que tu avais eu étrange accident à Paris à la fin des années 70. Tu t’en souviens certainement.

Alan White : Je n’aime pas trop m’en souvenir à vrai dire (Rires). Cela a couté cher au groupe (dans tous les sens du terme, car Jon Anderson et Rick Wakeman ont quitté le groupe à ce moment-là). Les enregistrements studio, jamais officiellement parus, sont disponibles en format bootleg. Je vivais à Paris dans le quartier du Marais à cette époque. Richard Branson m’a appelé un jour pour me prévenir de son passage à Paris. Nous avions l’habitude de trainer ensemble. Un soir, après avoir ingurgité une quantité de vin importante, il a proposé que nous allions au Palace. J’ai chuté et faisant du patin et me suis cassé la cheville. Le lendemain matin, le groupe m’attendait au studio pendant qu’on me posait un plâtre. Quand j’ai appelé au studio, les gars pensaient que je leur faisais une blague. Ils ont compris que non quand ils m’ont vu débouler dans le studio. L’album n’a jamais vu le jour.

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Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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