Dropkick Murphys, Zénith de Paris le 10 février 2023
Ce n’est pas encore la Saint Patrick mais l’affiche de ce vendredi soir (et du lendemain) fleure bon la Guinness et le trèfle irlandais. Les Bostoniens de Dropkick Murphys ont pris l’habitude de régulèrement visiter le vieux continent, et le public est fidèle au rendez-vous.
Jesse AHERN ouvre le bal, seul sur scène avec sa guitare acoustique, et donne le la : ça va être quelque peu folklorique mais surtout punk ! The RUMJACKS enchainent et on est tout de suite dans le vif du sujet : du celtic punk avec flûte, banjo et tout le toutim. Sans fioritures, les australiens chauffent la salle avec des chansons entrainantes dont les refrains, chantés à 7 voix et à tue-tête, sont propices à des gigues et autres rondes.
Puis c’est au tour de PENNYWISE d’entrer sur scène, de manière assez tranquille. Le guitariste Fletcher « Fletch » DRAGGE est un colosse de 2 mètres, dans les mains duquel la guitare ressemble à un jouet d’enfant. Le chanteur Jim LINDBERG, tout de noir vêtu, arbore sa traditionnelle casquette et lance le show des punk skaters californiens.
Le titre des morceaux parle de lui-même : « Fight till you die », « Violence never ending », « Society », « Fuck authority » entrecoupé d’un choix laissé au public sur le morceau « classical » dont ils vont faire une reprise
et c’est finalement « (You gotta) fight for your right (to party!) » des Beastie Boys qui est retenu.
Ca va vite, c’est puissant, ça emporte tout sur son passage. Après la reprise de « Stand by me », PENNYWISE termine son show sur leur inévitable et imparable « Bro hymn » : comment ne pas avoir envie de se jeter dans les vagues du Pacifique ou les bowls de Hermosa Beach après ça ?
Au son d’une chanson traditionnelle, c’est maintenant au tour des irishman du Massachussets de prendre la scène : celle-ci arbore d’ailleurs quelques crucifix et des saintes vierges bien en évidence au secon plan, histoire de montrer qu’il n’y a pas d’équivoque sur les croyances religieuses de la troupe.
Ils démarrent par le morceau « The state of Massachusetts » de l’album « The meanest of times » sorti au milieu des années 2000.
C’est en place, formation classique basse / guitare / batterie accompagnés d’un banjo ou la mandoline ou bouzouki, et un musicien qui joue de la cornemuse et/ou de la flûte ; le chanteur Ken CASEY semble avoir profité de la période Covid (ho !) et pourrait faire de la figuration dans un film de Ben AFFLECK tant il est fidèle à l’image qu’on se fait d’un malfrat irlandais de Boston. Le guitariste (qui joue aussi de l’accordéon) Tim BRENNAN situé sur la gauche de la scène est lui aussi un géant, tandis que le second guitariste James LYNCH, qui porte sa Les Paul en dessous des genoux (encore plus bas que Paul SIMONON !) est coiffé d’un bandeau qui lui donne un look de London Quireboys.
Ils enchainent pendant presque 2 heures des titres de leurs 11 albums studio ; le dernier en date est sorti en 2022, reprenant les textes de Woody Guthrie (remember la célèbre citation sur sa guitare) en mode acoustique et s’intitule « This machine still kills fascists ». Le punk-rock celtique des Dropkick Murphys est toujours aussi efficace, enjoué et punchy ; ils savent embarquer le public, la scène rejoint d’ailleurs les premiers rangs, et le chanteur ne manque pas une occasion de venir chanter au milieu de ses fans (quand il ne fait pas des pas de boxeur à l’entrainement !)
Le public est conquis et reprend les refrains à pleine gorge. Il y a des cotillons et des confettis, c’est la fête : le groupe termine sur « I’m shipping up to Boston » et le public chante pour les faire revenir « Let’s go, Murphys »! Le rappel démarre par le standard « Rose tattoo » et c’est (déjà) le dernier morceau « Kiss me, I’m shitfaced ». Il y a fort à parier que l’histoire d’amour indéniable entre les Dropkick Murphys et le public parisien nous donnera l’occasion de les revoir sur scène à l’avenir.
Chronique : Stéphane Toutlouyan