The Smashing Pumpkins, le groupe mythique des années 90 qui incarnait le grunge et le rock américain dans toute sa splendeur à l’époque, investissait le Zénith en cette soirée du 25 juin. Une tournée pour promouvoir le dernier album Oceania et un concert en dents de scie qui n’a pas vraiment ravi les fans purs et durs, ni convaincu les néophytes.
Lorsque que le grand, chauve et talentueux Billy Corgan entre sur scène devançant de quelques pas le reste du groupe, on ne s’imagine pas le chemin parcouru par celui-ci pour maintenir les Smashing Pumpkins à flots. Et pourtant, après avoir endossé le costume d’icônes de toute une génération90’ (chemise à carreaux trop longue et jeans troués), les Pumpkins sont parvenus à traverser une partie des années 2000 et poursuivent l’aventure en 2012 / 2013 avec la sortie d’un nouvel album intitulé Oceania et une tournée mondiale.
C’est avec les deux premiers morceaux de ce 8ème album studio que les américains entament le set. Le public n’est absolument pas réceptif à ces sons brutaux et puissants, ces guitares qui rugissent et ce tempo très lourd. Les réglages ne sont pas optimum puisque l’on a des difficultés à reconnaître la voix, ô combien singulière, de Billy Corgan. Si ces petits problèmes techniques sont corrigés assez rapidement, la foule, elle, tarde à se laisser aller. Durant les 6ers morceaux, et ce malgré la reprise de la chanson de David Bowie Space Oddity, l’ambiance ne décolle pas. Le guitariste Jeff Schroeder, le batteur Mike Byrne et la bassiste Nicole Fiorentino se démènent pourtant, mais sans succès.
Le réveil sonne à l’heure des XYU, Disarm et Tonight Tonight s’enchaînent, et la fausse commence à crier et à remuer. On se dit alors que seuls les gros standards sauveront la soirée et parviendront à faire délirer le Zénith. Ce n’est pas faux. Si les Smashing se font des jam sessions, des solos et des passages à l’expérimental, le niveau sonore dans le public s’effondre aussitôt. Un écran géant en forme de pyramide est entouré de chaque côté de deux grands triangles luminescents.
Billy Corgan prend seulement la parole au milieu du concert. « My name is Billy, not BILLLLLLLLLYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY ! » juste avant que l’écran ne diffuse des images de la faune et la flore marines sur le morceau Oceania. De la guitare au clavier, le chanteur démontre à nouveau quel bel artiste il reste, mais peut-être ressent-on moins d’envie. L’interprétation de deux hits va permettre de remettre un petit coup de boost d’un coup de maître : Ava Adore et Bullet With Butterfly Wings affole enfin le parterre et les gradins. Et si cette belle atmosphère s’estompe lors des trois morceaux suivants, elle reprend de plus belle sur Zero, avec pogos, slams et reprise en chœur des paroles. S’enchainent alors Stand Inside Your Love, très beau titre, et United States, sur laquelle on regarde des images du Stars and Stripes, le drapeau des Etats-Unis, flotté sur l’écran géant. Corgan annonce la fin du show et salue le public.
Une reprise des Led Zep, Immigrant Song, et Today, l’un des tubes à l’ancienne du groupe en guise de rappel, et emballé c’est pesé. Une setlist assez bâclée, un groupe qui a sans doute perdu la foi et une ambiance semblables aux montagnes russes, les Smashing ne parviennent plus à semer le chaos « grungy » dans les salles. Malgré les superbes morceaux joués ce soir-là (il manquait tout de même 1979, Perfect et That’s The Way (My Love Is)), et le fait qu’ils ne sont plus des rats en cage depuis fort longtemps, les citrouilles n’ont plus vraiment la rage aujourd’hui.