Letz Zep est le tribute de Led Zeppelin de référence, tournant dans le monde entier depuis plus de 15 ans pour faire revivre la magie du groupe légendaire. On s’était parlé en 2012 quand Letz Zep faisait salle comble à l’Olympia. Quatorze ans plus tard, on a rappelé Billy Kurke, chanteur de Letz Zep chez lui en Angleterre pour refaire le point avant que le groupe ne débarque à Paris pour une date unique au Grand Rex le 25 septembre. Pas mal de chemin parcouru depuis.
Ça fait 14 ans qu’on s’est parlé à l’Olympia. Avais-tu envisagé que le groupe soit encore en activité et en tournée 14 ans plus tard ?
Billy Kurke : Oui, absolument. Dès le début, nous avions pour objectif de voir jusqu’où on pouvait mener ce projet. L’Olympia, par exemple, a été un moment vraiment important pour nous à l’époque.
Tu parlais justement de l’Olympia en 2012. C’était l’une de vos premières grandes tournées en Europe, non ?
Exactement. On avait déjà joué en Espagne, en Hollande, mais cette tournée en France a vraiment marqué un tournant. C’est à partir de là qu’on s’est dit : allons-y, voyons jusqu’où ce groupe peut aller. Depuis les débuts très modestes à Londres, quand on jouait dans des petits clubs, la France a été un point d’ancrage majeur pour notre développement à l’international. On a beaucoup tourné en Europe par la suite. C’est un point de départ qui a changé notre trajectoire.
Depuis le début, les gens te disaient que tu ressemblais à Robert Plant. Qu’est-ce que tu as remarqué en écoutant Led Zeppelin et en voyant Robert Plant sur scène ?
J’ai remarqué en grandissant en écoutant Led Zeppelin – regarde « The Song Remains the Same », le concert film de 1976 – que Robert Plant sur scène avait toujours un grand sens de l’humour. Il parle constamment avec les autres mecs du groupe, y a une vraie chimie entre eux. On essaie de reproduire ça, et pour nous c’est vraiment authentique. Je connais la plupart des gars depuis des années, on est de vrais potes. Je pense que ça élève la qualité de la performance, la rend plus authentique.

Et puis Robert Plant lui-même a dit que la ressemblance était « spooky », non ?
Ouais, c’était surréaliste ! Il a trouvé ça étrange. Mais au-delà de l’image physique, c’est la musique qui passe en premier. L’image aide juste les gens à entrer dans le concept – comme si on voyageait dans une machine à remonter le temps jusqu’à 1972, en train de regarder Led Zeppelin en live.
J’ai lu quelque part que Letz Zep était le tribute de Led Zeppelin le plus légitime et populaire. Comment tu réagis à ce genre de commentaire ? C’est une responsabilité, un accomplissement, ou juste une description pour toi ?
Je pense que c’est un vrai accomplissement pour nous. On est vraiment chanceux, parce qu’on joue la musique qu’on adore, et on peut tourner à travers le monde en la jouant. Ce n’est pas juste une machine à jouer les plus grands succès. Les gens viennent célébrer la musique de Led Zeppelin. C’est un vrai privilège d’avoir cette reconnaissance. Je ne connais pas beaucoup de tributes qui tournent le monde entier. Y a bien sûr Pink Floyd avec l’Australian Pink Floyd et le Brit Floyd, ils ont plusieurs tributes. Y a aussi Queen, avec « One Night of Queen » par exemple.
En 2012, tu m’avais parlé d’une audience mixte, des jeunes fans et des personnes plus âgés qui avaient vu le vrai Led Zeppelin. Comment la composition du public a-t-elle changé ? C’est encore pareil ?
C’est dingue, honnêtement. On a des fans incroyables qui connaissent toutes les paroles par cœur. C’est cool de voir que la musique se transmet de génération en génération. On a un large éventail d’âges à tous nos concerts, c’est fantastique. Et tu sais, Led Zeppelin a été en inactivité pendant longtemps. Le dernier concert c’était en 2007 à l’O2 à Londres.

T’étais à ce concert en 2007 ?
Oui, j’ai eu la chance d’être invité ! On m’avait placé plutôt vers le fond de la salle dans une loge. Mais je voulais être au plus près du spectacle. Je suis donc descendu dans la fosse. J’ai avancé sans que personne ne me demande mon billet. A un moment, je me suis cogné à quelqu’un et en me retournant pour m’excuser, c’était Lisa Marie Presley ! J’avais rejoint sans le savoir la section VIP. Après le concert, j’ai juste suivi les VIP jusqu’à la after party [rires]. Ça ne serait plus possible aujourd’hui.
Avez-vous envisagé de jouer des albums dans leur intégralité sur scène ? C’est quelque chose que beaucoup de tribute band font maintenant.
Nos concerts durent dans les deux heures. C’est déjà très long. Plutôt que de faire des albums entiers pour le moment, on préfère nous focaliser sur leurs grands succès. Si on balance tous les tubes en 40 minutes, qu’est-ce qu’il resterait après ?
En fait, on s’inspire vraiment de la façon dont Led Zeppelin construisait ses concerts. Ce n’était jamais juste une succession de hits. Ils mixaient les classiques avec d’autres morceaux pour créer une certaine dynamique. C’est ça qu’on essaie de reproduire, pas juste une machine à jouer les meilleurs moments. Les chansons prennent une autre dimension quand elles sont jouées en live. C’est ce qu’on tente de faire avec le setlist qu’on a. Mais oui, l’idée de jouer des albums complets, c’est quelque chose qu’on explore pour plus tard.
Keith Richards disait qu’après 60 ans, le Stones trouvaient encore de trucs nouveaux en jouant « Brown Sugar ». Qu’en est-il pour toi au sujet des gros hits de Led Zeppelin. Les redécouvres-tu chaque soir ? Ou est-ce un défi de pas les trouver répétitives concert après concert ?
Ça ne devient jamais répétitif grâce au public. Tu vois les gens en larmes pendant une chanson parce qu’elle leur signifie énormément. Je me souviens d’un concert à Moscou. Deux gars assis au premier rang étaient restés sans bouger pendant tout le concert. Ils sont venus nous parler après. Ils nous ont expliqué que quand ils étaient jeunes, ils avaient une cassette usée avec ces chansons. Ils les écoutaient en cachette et ne pensaient pas les entendre en live un jour. Quand tu vois l’impact émotionnel de ces chansons, ça t’inspire à donner le meilleur de toi à chaque concert.

Y a des perles, des morceaux plus méconnus que vous aimeriez jouer sur scène ? Des chansons dont tu te dis : « un jour, peut-être » ?
Oui, y a des chansons qu’on n’a pas jouées en live, surtout parce que deux heures c’est déjà long. Tu sais, on vient souvent nous voir après les concerts pour nous demander « Pourquoi vous n’avez pas joué telle ou telle titre ? » Une chanson spécifique, c’est « When the Levee Breaks », une chanson fantastique, mais vraiment difficile à reproduire en live à cause de sa longueur.
T’en parlais de tournées constantes en 2012, et tu disais que ça ne te laissait pas beaucoup de temps pour tes projets personnels. Ça a changé ? Tu travailles également sur ta propre musique ?
C’est sympa que tu me poses la question. J’ai construit un home studio avec ma copine. Quand j’arrive à la maison, je peux assembler tous mes projets. Y a donc du nouveau matériel sur lequel je travaille en dehors de Letz Zep. Certains sont déjà disponibles, d’autres sont en cours. C’est vraiment une révélation pour moi, ce home studio. On n’avait pas ça à notre époque, bien sûr.
J’aimerais bien entendre ça !
Bien sûr ! Je vais te l’envoyer après l’interview.
Parmi tous les endroits où t’as joué, et c’est difficile de choisir, y a un concert en particulier qui te donne des frissons quand tu y penses ?
Tous les concerts sont spéciaux, mais y en a un en 2008 qui m’a particulièrement marqué. C’était à Lindos, sur l’île de Rhodes – tu sais, avec toutes les petites maisons blanches qui ressemblent à des cubes de sucre. On a joué sous l’Acropole antique, un lieu vraiment fascinant. Et puis, il y a bien évidemment l’Olympia à Paris où Led Zeppelin eux-mêmes ont joué, tout comme les Beatles et Jimi Hendrix. Marcher sur cette scène pour la première fois… c’était magique.
Et tu as aussi joué dans des endroits surprenants ?
Oui, notamment une date à Mannheim en Allemagne, sur une base militaire américaine. Et ce qui était dingue, c’est qu’on s’est retrouvés dans le même dressing room qu’Elvis avait utilisé à l’époque. Elvis a une grosse histoire avec les bases militaires en Allemagne, donc se retrouver là-bas, dans la même loge… c’était un truc particulier.
Qu’est-ce qu’on peut attendre du concert du 25 septembre au Grand Rex ?
Notre but c’est de te faire sentir comme si tu entrais dans une machine à remonter le temps. Les chansons ont été enregistrées en studio, mais quand Led Zeppelin les ont interprétées sur scène, cela a pris une autre dimension. C’est ce qu’on essaie de faire : pas juste rejouer les hits, mais les amener à être entendus comme ils étaient interprétés par Led Zeppelin sur scène. C’est ça la vraie magie de Led Zeppelin.
Ça fait 14 ans depuis notre première interview en 2012. Le temps passe vite, non…
Oui, le temps s’envole. Mais je suis vraiment impatient pour le concert.
Merci Billy, à très bientôt au Grand Rex !

