Interview : JJ Grey & Mofro

JJ Grey. Portrait 2015.Paris.Michela Cuccagna©

Interview : JJ Grey & Mofro

J.J Grey, chanteur et guitariste originaire de Jacksonville en Floride, mêle rock sudiste, funk et soul à la perfection avec sa formation Mofro. Ils viennent de publier leur 7ème album, Ol’ Glory, quelques jours avant leur premier concert français. Très populaire aux Etats-Unis, JJ Grey & Mofro font leurs premiers pas en France. En promotion à Paris, JJ Grey nous a accordé quelques minutes de son temps pour nous parler de musique et de sa passion pour la bière. Notre coup de cœur du mois !

Peux-tu rapidement revenir sur ta carrière ?

J.J Grey : J’ai créé le groupe Mofro dans les années 90 avant de modifier le nom en JJ Grey & Mofro en 2007. Le groupe a changé de line-up à plusieurs reprises. J’ai mis pas mal d’années à former le line-up actuel, mon meilleur à ce jour. C’est un vrai plaisir d’être accompagné de ces musiciens. Nous tournons principalement aux Etats-Unis depuis l’an 2000. On fait en moyenne 130 concerts par an. Pour la prochaine tournée je tenais à revenir en Europe, principalement en France, Allemagne, Belgique, Angleterre et Hollande.

Ton 7ème album, Ol’ Glory vient de paraître. En visionnant le making-of, on constate que les enregistrements ont eu lieu dans des conditions optimales !

J.J Grey : J’ai pris énormément plaisir à travailler sur cet album. L’album capture assez bien l’ambiance de nos concerts. Nous avons d’ailleurs enregistré les titres ensemble dans une même pièce. Dans leur majorité, les titres ont été enregistrés en une seule prise. J’ai la chance d’être entouré de musiciens très talentueux. Nous sommes retournés dans le Retrophonics Studio à Saint Augustine en Floride. En général, nous réservons le studio pendant un mois. Les enregistrements durent en moyenne une dizaine de jours. Nous passons le reste du temps à la plage pour nous détendre. Du coup, j’ai profité de mes matinées pour aller faire du surf.

JJ Grey. Portrait 2015.Paris.Michela Cuccagna©

Les sorties de tes albums sont assez rapprochées. Sachant que tu passes énormément de temps sur les routes, comment arrives-tu à sortir les albums à un tel rythme ?

J.J Grey : J’aime prendre mon temps pour faire la promotion de mes albums sur les routes. En fait, j’ai toujours des morceaux qui trainent. En me rendant en studio, j’ai en général la moitié de l’album prêt à être enregistré. Pour rien te cacher, j’ai déjà quelques titres pour mon prochain album.

Cela explique donc la continuité musicale dans tes albums.

J.J Grey : Oui, tout à fait. A titre d’exemple, le morceau Turn Loose date de la période de mon précédent album This River. J’étais insatisfait de l’enregistrement à plusieurs égards et l’ai donc mis de côté avant de décider de le réenregistrer pour l’album Ol’ Glory.

Tu mélanges une multitude de styles musicaux. Comment expliques-tu cela ?

J.J Grey : Je baigne dans la musique depuis ma tendre enfance. Il y avait un club à quelques rues de la maison ou j’ai grandi. Beaucoup de musiciens noirs venaient y jouer. J’allais les voir improviser en cachette. Cela a marqué mes influences musicales. J’ai également vu des groupes de rock sudistes comme Lynyrd Skynyrd. J’ai donc été exposé à des styles musicaux très variés. J’ai des origines métisses et j’ai par conséquence été influencé tant par le rock, que par la musique country et le blues.

JJ Grey & Mofro1_byJimArbogast

Tes concerts sont très intenses. Que importance portes-tu à te produire devant un public ?

J.J Grey : Il s’agit d’un moment de partage avec le public. J’ai envie qu’ils échappent à leur quotidien et à leurs soucis pendant deux heures. Je veux que le public profite de la magie de l’instant présent. Il ne s’agit en rien de de faire passer un message précis. Il est déjà arrivé que ce soit le public qui me remonte le moral. Donc cela est possible dans les deux sens.

A certains égards, on peut comparer ta musique à celle de Bruce Springsteen. A-t-il été une influence pour toi ?  

J.J Grey : A vrai dire, j’ai découvert ses albums tardivement. C’est en visionnant le clip de Rosalita que j’ai eu le déclic. Je me suis demandé comment j’avais pu passer à côté de cet artiste. Je suis devenu un fan inconditionnel à partir de ce moment.

C’est un artiste à découvrir impérativement sur scène.

J.J Grey : C’est également ce que de nombreux fans disent à notre sujet. Cela me fait toujours plaisir quand on nous fait des compliments au sujet de la qualité de nos concerts. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que l’album reflète cette même ambiance qui se dégage lors de nos concerts. Je pense que nous y arrivons de mieux en mieux.

Tu te produis au New Morning prochainement. C’est un club historique de Paris.

J.J Grey : J’ai appris que Prince y avait également joué. C’est drôle, car pour mon premier concert en Angleterre j’ai joué au Ronnie Scott’s. C’est un club jazz semblable au New Morning. Ce sont tous deux des clubs qui ont une histoire. Il y a pire comme endroits pour faire ses débuts !

Avez-vous commencé à répéter pour cette nouvelle tournée ?

J.J Grey : Pour être honnête, nous ne répétons jamais. Nous sommes tous éparpillés géographiquement. C’est donc assez compliqué de se retrouver avant une tournée. Nous avons déjà joué certains des morceaux issus de l’album sur scène ou lors de soundchecks. Le groupe les maitrise donc déjà assez bien.

Santa Claus, True Love, & Freedom est l’un des bonus tracks sur l’album. Au vu de la qualité de cette chanson, pourquoi ne pas l’avoir inclus dans l’album ?

J.J Grey : En fait, tu retrouves cette chanson également sur mon premier album. Ce n’est donc pas une chanson tout à fait neuve. On m’a proposé d’en refaire une nouvelle version. J’ai trouvé cette idée très bonne étant donné que les membres actuels du groupe ne jouaient pas sur la version originale. Aussi, je n’étais pas très satisfait de cette version. Il en existe même une troisième version enregistré avec l’un de mes précédents groupes. Je donnais trop de détails dans les paroles. J’étais jeune et ne maitrisait pas aussi bien l’écriture qu’aujourd’hui. J‘ai appris à donner suffisamment d’éléments dans les paroles pour laisser libre cours à l’imagination des auditeurs. La nouvelle version est bien meilleure que ce que j’aurais pu espérer.

JJ Grey. Portrait 2015.Paris.Michela Cuccagna©

J’ai appris que tu brassais ta propre bière !

J.J Grey : Oui ! Cette bière s’appelle Nare Sugar Brown. La couleur est proche de celle de la Guinness et a des notes de chocolat et de café. Dans un deuxième temps, tu découvres un goût crémeux et légèrement sucré. Figures-toi qu’une bière blonde légère du type Corona est plus longue à produire qu’une bière plus sombre. Je ne savais pas cela avant de commencer la production. Habituellement, j’aime beaucoup la Kalik, une bière légère des Bahamas. J’aime également l’Imperial du Costa Rica. L’une de mes favorites est la Stag de Trinidad. Ce sont des bières légères que tu peux boire quand il fait chaud. C’est seulement quand j’ai mis les pieds en Belgique que j’ai découvert les bières d’abbaye. Cela m’a permis de définir plus précisément les caractéristiques de ma bière.

J’espère que tu mettras une canette de côté pour moi.

J.J Grey : Oui, bien sûr !

Propos recueillis par Thorsten Wollek / Photos : Michela Cuccagna

 

Posted on by Thorsten in Interview

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