Apocalyptica Reloaded

Mikko Siren (Apocalyptica) interview

Interview avec Mikko Sirén (Apocalyptica)

Le lendemain du concert d’Apocalyptica au Divan du Monde dans le cadre du festival Bring The Noise organisé par Ouï FM, RocknConcert a pu interviewer leur batteur Mikko Sirén. Membre d’Apocalyptica depuis 2005, Mikko, d’une rare gentillesse au passage, nous a parlé du nouvel album Wagner Reloaded au Hard Rock Café. Ne s’agissant pas d’un album traditionnel du groupe, Mikko nous a donné des précisions pour pleinement le savourer.

Vous avez joué au Divan du Monde hier soir. Que retiens-tu de ce concert intimiste ?

Mikko Sirén : C’était génial. Nos derniers concerts étaient dans des salles de taille plus importante, voire même de taille démesurée. Là, on avait plutôt l’impression de se retrouver dans notre salon, à s’amuser avec nos fans et nos amis. L’ambiance était festive et nous n’avions pas l’impression d’être de grandes rock stars. Ce show n’était pas préparé à l’avance et nous avons joué ce qui nous venait à l’esprit.

Vous avez défini la setlist seulement quelques minutes avant le show ?

Mikko Sirén : Oui, car nous n’avions pas répété pour ce concert, ce qui n’est pas une bonne chose en soi. Cela s’entend quand tu n’as pas répété depuis 15 mois. Mais c’était agréable de ne pas trop savoir ce qui allait arriver.

Mikko Siren (Apocalyptica)

Présente-nous rapidement le projet Wagner Reloaded.

Mikko Sirén : L’album Wagner Reloaded repose sur une idée du danseur et chorégraphe Gregor Seyffert. Il a eu cette idée de spectacle autour de la vie de Wagner à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. La musique a été composée par Apocalyptica et ne s’inspire pas de l’œuvre de Wagner. Au moment où il nous a proposé d’en composer la musique, nous revenions tout juste de notre tournée pour l’album Seventh Symphony, un album de type plutôt traditionnel. Nous pensions prendre une année sabbatique. Mais nous avons voulu saisir l’occasion de proposer une musique différente de ce qu’on est habitué à faire. L’album est à 100% instrumental et ne contient que des nouveaux morceaux. Il s’agit également du premier album live d’Apocalyptica. L’ampleur du projet nous a attiré dès le début, car il comprend un orchestre symphonique et une chorale.

Perttu a récemment déclaré au cours d’une interview que Wagner Reloaded était une étape importante de votre cheminement vers le nouvel album.

Mikko Sirén : Je dirais que non (rires). Cela fait deux ans que nous nous essayons à différents projets. On a notamment joué aux côtés d’un chanteur d’opéra, d’un orchestre symphonique et à partir de mars, nous partons en tournée avec un orchestre de chambre. Même si nous apprenons beaucoup de choses grâce à ces projets, je pense qu’il est important que le groupe se retrouve enfin seul et fasse ce qu’il sait faire de mieux. Par exemple, je serais surpris s’il n’y avait pas de chant sur le prochain album. Mais c’est une chance de pouvoir autant se diversifier.

Il s’agit d’un album live instrumental. De plus, il n’est pas accompagné du document visuel. Penses-tu qu’il puisse être apprécié à sa juste valeur ?

Mikko Sirén : L’intégralité du spectacle dure 1h45. On en a extrait nos morceaux pour l’album Wagner Reloaded afin de permettre de l’écouter chez soi justement. On pense qu’il est tout à fait possible de l’écouter. On a également changé l’ordre des chansons pour aller dans ce sens.

Mikko Siren (Apocalyptica) photo

Comment s’est passé le processus de composition de Wagner Reloaded ?

Mikko Sirén : Eicca en a composé l’intégralité. C’est d’ailleurs la première fois qu’il s’en est chargé seul car le reste du groupe tenait à faire une pause. C’est la raison pour laquelle il est différent du précédent album. Ce n’est qu’à la fin que le reste du groupe a aidé aux arrangements. C’est donc à 95% un pur produit Eicca.

Le groupe est composé de fortes personnalités, assez différentes d’après ce que j’ai pu lire. Comment expliquer que le line-up reste stable depuis vos débuts ?

Mikko Sirén : Ce serait mentir que de dire que nous ne nous sommes jamais disputés. Je pense qu’on a appris à se parler au fil des années et à tirer parti de ces différences. Et puis on ne parle pas que de musique car on échange aussi sur nos vies privées. Cela nous donne l’impression d’être connectés les uns aux autres et ce pas uniquement au niveau musical. On veille les uns sur les autres.

Penses-tu qu’un groupe puisse seulement exister sous ces conditions ?

Mikko Sirén : C’est ce qui définit un groupe à mon sens. S’il ne s’agit que de faire de la musique ensemble, cela ressemble plus à un travail ordinaire. Le groupe représente un état d’esprit. On partage autant les bons que les mauvais moments, que ce soit dans une salle de répétitions pourrie ou devant un public de 100 000 personnes. Il ne s’agit que de nous quatre. C’est ce qui nous permet de tenir. Quand nous sommes fatigués en tournée et que nous en avons marre, on se donne une accolade et puis ça repart.

Mikko Siren (Apocalyptica) photos

J’ai en effet remarqué hier soir que vous vous êtes donnés une accolade chacun votre tour à la fin du concert.   

Mikko Sirén : Oui, il est important pour nous de nous prouver que nous prenons soin les uns des autres, de montrer qu’on est à l’écoute de l’autre.

Apocalyptica vient de Finlande, comme Nightwish que nous avons interviewé récemment. Avez-vous des contacts les uns avec les autres ?

Mikko Sirén : Oui, on a même joué ensemble en concert. On se connaît tous. Récemment, Paavo et moi avons rencontré Tuomas pour inventer de nouvelles boissons dans un bar en pleine journée. On s’est énormément amusé. Je ne te parle pas de notre état dans l’après-midi qui a suivi….

Vous avez joué des reprises de Metallica, issues de votre premier album Plays Metallica By Four Cellos. N’y a-t-il pas un moment où vous en avez assez que le public réclame ces reprises ?

Mikko Sirén : En même temps, je ne vois pas les Eagles faire un concert sans jouer Hotel California. Ce serait stupide et arrogant de leur part. On doit le faire autant pour nous que pour notre public. Cela fait partie de l’histoire du groupe. C’est ainsi que tout a commencé. On doit être fier de ce que le groupe a fait par le passé. Si on en est là aujourd’hui, c’est, entre autres, grâce à ce travail. Cela ne nous empêche pas de jouer nos nouveaux morceaux. Il s’agit de la base sur laquelle repose le reste. C’est magique de voir les visages des fans quand nous jouons ces morceaux à la fin de nos concerts.

Mikko Siren (Apocalyptica) photo interview

J’ai été assez surpris de voir des fans de métal écouter vos morceaux classiques de manière aussi calme et concentrée.

Mikko Sirén : C’est un des éléments-clés du groupe que de couvrir un spectre musical aussi large, du classique au trash métal.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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