Les blues dans tous ses etats

Rockin The Blues Festival, Paris La Cigale le 26 mai 2019

Nous avons assisté à la deuxième édition du festival ‘Rockin The Blues‘ organisé par Mascot Label Group, qui inclut le label Provogue. Ce label, né en 1989, héberge de nombreuses figures du blues, dont Walter Trout, Johnny Lang et Kris Barras. Le festival, qui parcourt actuellement l’Europe, a fait une halte à La Cigale.

Dans le style d’un G3 (concerts organisés par Joe Satriani qui rassemblent deux autres guitaristes de renom) honorant le blues de la plus belle des manières, cette soirée a rassemblé ces trois artistes. Pendant près de 3h, les trois musiciens ont joué leurs sets respectifs avant de se retrouver pour un final qui a laissé un sourire à tous les passionnés de blues présents. Preuve en est que l’engouement pour le blues rock n’est pas prêt de s’envoler.

Les festivités sont lancées par le Kris Barras Band. Ce dernier est passé des rings à la scène, car le chanteur-guitariste est un ancien champion de MMA (arts martiaux mixtes). Il a relevé le défi de se consacrer entièrement à la musique. Il nous explique avec émotion que son défunt père n’a pas été témoin de son succès. Ce dernier lui a enseigné la guitare dès le plus jeune âge, un hommage poignant.

A 19h pétantes, Kris Barras démarre la soirée avec le morceau Propane, un titre énergique issu de son dernier album. Disposant d’une demie heure, Kris Barras a mis à l’honneur cinq titres de ce dernier. Dans le but de tenir le public en haleine, il a eu la bonne idée d’entrecouper son set avec une reprise du classique Rock and Roll de Led Zeppelin. Son jeu de guitare rappelle celui de Gary Moore (il le cite régulièrement comme l’une de ses principales influences). Un set un brin trop court, mais qui a nous a donné l’occasion de découvrir les talents de ce musicien récemment signé avec le label Provogue. Affaire à suivre !

Vient le tour de Walter Trout, l’une des légendes vivantes du blues. Ce dernier a frôlé la mort en 2014, comme il nous l’expliquait en interview. Alité pendant huit longs mois après une transplantation du foie, il a dû réapprendre à marcher, à parler… et réapprendre à jouer de la guitare en s’entrainant jusqu’à sept heures par jour.

De retour avec un album de reprises rassemblant des pépites du blues plus méconnues, Walter Trout nous en offre quelques extraits. Le titre Me, My Guitar and the Blues de Jimmy Dawkins marque l’un des sommets de la soirée. Walter Trout est ému aux larmes et a droit à une pluie d’applaudissements. Un set chargé d’émotion servi par le doyen de la soirée. A 68 ans, Walter Trout n’a pas dit son dernier mot.

Johnny Lang a la lourde tâche de passer après le set émouvant de Walter Trout. Une grande partie du public semble avoir fait le déplacement pour voir ce jeune prodige. Agé de 38 ans, l’artiste a déjà deux décennies de carrière derrière lui. Johnny Lang nous offre de nombreux solos explosifs sur sa Gibson, jusqu’à faire dégouliner sa sueur sur la guitare.

Avec un son et un groupe de qualité, nous avons assisté à un concert de blues et de rock parfait. Les musiciens sont mis à l’honneur, permettant à chacun de briller sous les projecteurs. Sans renier les références blues, les morceaux sont teintés des styles funk et soul. Johnny Lang, peu bavard, nous quitte après une magnifique version acoustique de Breakin’ Me suivi de Lie To Me.

Vient le moment attendu de la soirée. Johnny Lang est rejoint par Walter Trout et Kriss Barras pour un jam final d’une vingtaine de minutes. Le grand classique Going Down, joué également par le G3, permet à chacun des guitaristes de briller à tour de rôle.

Une soirée qui a tenu toutes ses promesses et de laquelle Walter Trout sort vainqueur. Vivement à l’année prochaine pour une troisième édition !

Chronique : Thorsten Wollek / Photos : Dominik Warlop

Posted on by Thorsten in blues, en concert, rock, rock/pop

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