Interview : Jasper Steverlinck

Jasper Steverlinck, dont la voix ressemble à celle de Freddie Mercury, a été le chanteur et guitariste d’Arid, un groupe de rock belge. Son nouvel album en solo Night Prayer est déjà un succès en Belgique. Sur ce dernier, il s’est exclusivement concentré sur l’écriture, dans sa forme la plus pure et la plus directe, comme il nous l’explique à quelques minutes d’un showcase privé. Un artiste d’une grande sympathie à découvrir d’urgence !

Ton premier album est sorti en 2004. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour ce 2ème opus ?

Jasper Steverlinck : J’ai chanté au sein du groupe Arid pendant de nombreuses années. C’est à cette époque-là que j’ai sorti une reprise de Life on Mars de David Bowie. Le succès obtenu en Belgique m’a encouragé à consacrer un album entier à des reprises. Après ça, j’ai continué ma route avec le groupe Arid avant d’y mettre fin en 2012. Entre temps, j’ai collaboré avec Arjen Lucassen pour le projet Guilt Machine et j’ai également participé à l’émission The Voice en Belgique. J’en ai également profité pour me poser un peu et passer du temps avec ma famille. Puis, je me suis remis à écrire de nouvelles chansons. J’ai mis du temps à trouver les bons arrangements. C’est pour ça que cela a pris autant de temps.

Ton nouvel album est disque d’or en Belgique. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Jasper Steverlinck : Il est déjà presque disque platine ! J’en suis très fier, car après avoir mis fin au groupe Arid je ne savais pas si les gens avaient envie de m’entendre chanter. Je n’étais pas sûr d’avoir ma place car le style de musique avait un peu changé à la radio, le son était différent. Mon style est plus épuré et ne correspond pas tout-à-fait aux codes actuels.

En effet, la production ne reflète pas véritablement l’esprit radio actuel. Quel(s) type(s) de son avais-tu en tête ?

Jasper Steverlinck : J’ai notamment travaillé avec Jake Gosling, le producteur qui a révélé Ed Sheeran. Notre collaboration a été très bonne, mais je me suis rendu compte que ces morceaux n’avaient finalement pas besoin d’une grosse production. J’ai fini par lui en parler et lui ai dit que je ne sortirai pas tous les morceaux tels que nous les avions enregistrés. Il a très bien compris ma démarche. Je l’admire pour cela. Il ne s’est pas fâché (rires). Le morceau Night Prayer a été co-écrit avec lui. Peut-être que tout ce cheminement a été nécessaire pour réaliser qu’il fallait que j’enregistre ces titres tels que tu peux les entendre sur l’album.

Tes morceaux font preuve de pureté. Quel était ton état d’esprit au moment de la composition ?

Jasper Steverlinck : Je me suis mis à l’écart pour écrire l’album. Beaucoup de gens voient la solitude comme quelque chose de négatif. A l’inverse, ces moments me permettent de faire le point avec moi-même et de me concentrer sur l’essentiel. J’ai toujours été touché par l’humanité de certains artistes. J’aime citer l’exemple de Bob Marley, un musicien qui a fait preuve d’humanité et de sincérité. Je ressens cela en écoutant sa musique, même si nos styles de musique sont différents.

On compare ta voix à celle de certains grands chanteurs. Alors, fier ?

Jasper Steverlinck : Je reconnais être fier que l’on compare ma voix à celle de grands chanteurs, tels que Freddie Mercury, Jeff Buckley ou George Michael.

La ressemblance avec ce dernier est flagrante sur A Song For You

Jasper Steverlinck : Oui, on me l’a déjà dit. Merci pour ce compliment.

Quelles ont été tes influences pour la composition de cet album ?

Jasper Steverlinck : J’ai souhaité mettre ma voix au service de ces nouvelles chansons. J’ai écouté des artistes dans l’esprit de Nina Simone en préparant l’album. Il y a une telle émotion quand elle chante. Mais j’écoute un peu de tout, du rap par exemple, même si cela ne s’entend pas dans ma musique. J’ai pour objectif d’être un chanteur. C’est l’émotion qui compte dans l’interprétation de mes chansons. J’applique le concept du « less is more » (moins, c’est plus). Je n’utilise que très peu d’instruments. Le silence est primordial dans ma musique. Le plus beau compliment que je puisse avoir, c’est quand les gens me disent entendre et écouter les paroles, alors qu’ils n’y prêtent pas grande attention généralement.

Tu viens de sortir le single Broken. Quel en est le message ?

Jasper Steverlinck : Même si le titre a une connotation négative, Broken reste une chanson d’espoir. En début de chanson, j’explique qu’il faut quitter les choses et repartir sur de nouvelles bases. A la fin, je chante d’ailleurs « You will find your way and then we won’t end broken ».

L’album est-il autobiographique ?

Jasper Steverlinck : En partie car je chante avec beaucoup d’émotion. Je parle de choses que j’ai vécues dans la vie. Je décris également des situations où tout un chacun peut se reconnaître. Les paroles de Broken peuvent parler d’une séparation dans un couple tout comme elles pourraient parler de querelle entre un père et un fils.

Sharon den Adel (la chanteuse de Within Temptation) a déclaré que tu étais l’un des meilleurs chanteurs de rock alternatif au monde…

Jasper Steverlinck : Je connaissais le groupe de nom. J’ai su bien plus tard qu’elle avait adoré ce que j’avais fait avec Arid. L’année dernière, je l’ai rencontrée à l’occasion d’une émission télé et nous sommes devenus amis depuis. Il y a quelques mois, elle m’a demandé de chanter en duo sur Firelight, un titre qui figure que le nouvel album de Within Temptation. On a prévu de refaire un duo cette année. L’idée étant qu’elle chante sur un morceau plus proche de mon univers.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in folk, Interview, rock/pop

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