Interview : Alan Parsons

Quinze ans après la sortie de A Valid Path, Alan Parsons est de retour avec un nouvel album. Véritable légende du rock britannique, il a côtoyé les Beatles et Pink Floyd en tant qu’ingénieur du son avant de créer The Alan Parsons Project avec Eric Woolfson. Ce nouvel album, appelé The Secret, renoue avec un style qui n’est pas sans rappeler l’époque à laquelle The Alan Parsons Project sortait ses plus gros tubes. Un retour aux sources en quelque sorte. Ce génie de la musique nous a accordé quelques minutes de son temps précieux depuis la Californie avant d’entamer sa tournée européenne.

The Secret paraît sous le nom d’ Alan Parsons. Tu pars en tournée sous le nom de Alan Parsons Live Project. Peux-tu nous éclairer sur ces différentes dénominations ?

Alan Parsons : The Alan Parsons Project était constitué d’Eric Woolfson et moi-même. Ainsi, j’ai enregistré mes albums en solo sous le nom Alan Parsons. Alan Parsons Live Project est un hommage à la musique que j’ai créée avec Eric. Ce projet date d’avant sa disparition en 2009. Il avait donc validé cette démarche. Nous n’avons donné qu’un seul concert sous le nom d’Alan Parsons Project en Belgique en 1990.

Qu’est-ce qui t’a motivé à sortir ce nouvel album ? C’est un rêve qui devient réalité pour de nombreux fans, puisque l’album est dans l’esprit des albums classiques de The Alan Parsons Project…

AP : C’était une démarche volontaire de ma part. Même si Eric Woolfson n’est plus de ce monde, je pense que l’album sera apprécié à sa juste valeur par les anciens fans. Comme à l’époque, tu retrouves de nombreuses orchestrations et des invités d’honneur. Steve Hackett (ex-Genesis) joue sur le morceau d’introduction, The Sorcerer’s Apprentice, tiré du film Fantasia de Walt Disney. Ce morceau a d’ailleurs été composé par un français, Paul Ducas.

Ce titre donne le ton, puisqu’on retrouve le thème de la magie sur l’album. Un sujet qui sembles te tenir à cœur…

AP : Je suis passionné de magie depuis ma tendre enfance. J’ai de nombreux amis dans ce milieu et prends beaucoup de plaisir à faire des tours à mon entourage. Cela fait très longtemps que j’avais envie de sortir un album qui parlerait de magie.

Don’t Anwer Me, par ailleurs mon titre préféré de The Alan Parsons Project, démarre par les paroles suivantes « If you believe in the power magic » (Si tu crois au pouvoir de magie). Ce n’est pas un hasard !

AP : Les paroles ont été écrites par Eric Wolfson. Ce n’est donc pas de mon fait. Mais ce morceau évoque ce que j’ai essayé de véhiculer sur le nouvel album. La magie a quelque chose d’impossible. Mais chaque tour a son secret. D’où le titre donné à l’album.

Tu as fait appel à des invités d’honneur. Je pense plus particulièrement à Lou Gramm (ex-chanteur de Foreigner) qui s’est fait très rare ces dernières années.

AP : Je suis un très grand fan de l’époque à laquelle il chantait au sein de Foreigner. J’ai eu ses coordonnées par le biais de mon guitariste qui a joué sur l’un de ses albums. J’ai envoyé une démo du titre Sometimes à Lou Gramm qui m’a dit beaucoup aimer cette chanson. Mais je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer en personne puisqu’il a enregistré ses parties vocales à New York.

Ce morceau comporte des paroles qui font penser à l’un des tubes de The Alan Parsons Project, ‘The older grow wiser and fall in love sometimes’.

AP : En effet, cela fait écho au morceau Old and Wise. Les paroles sont le produit de Pat Caddick (piano), qui a co-écrit le morceau. Je ne pense pas qu’il l’ait fait consciemment.

Miracle est plus particulièrement dans l’esprit de l’ère classique de The Alan Parsons Project, notamment le tube Eye In The Sky.

AP : Jason (Mraz) qui chante sur ce morceau m’a fait la même remarque en l’écoutant la première fois (rires). Il se souvient l’avoir souvent écouté enfant assis à l’arrière de la voiture. J’ai fait sa connaissance par le biais du propriétaire d’une plantation locale de café. Jason était en contact avec ce dernier car il souhaitait également planter du café.

Tu chantes la voix principale sur As Lights Fall. Ce n’est pourtant pas fréquent…

AP : J’ai beaucoup apprécié chanter sur celle-ci. J’ai en grande majorité chanté sur des titres sortis en format single que tu ne trouves pas sur les albums. All Our Yesterdays, par exemple, a été écrit pour servir de démonstration à l’occasion d’un masterclass sur les techniques d’enregistrement en studio. Nous étions entourés d’une vingtaine de producteurs lors de son enregistrement.

I Can’t Get There From Here a été le premier extrait tiré de l’album. Peux-tu me dire quelques mots au sujet du clip ?

AP : Les images sur lesquelles tu me vois apparaître ont été filmées à quelques kilomètres de chez moi. Le morceau est issu du film 5-25-77, date qui marque la sortie du film Star Wars.

Ton précédent album A Valid Path est sorti il y a 15 ans. Quel regard portes-tu sur celui-ci avec le recul ?

AP : C’était une période pendant laquelle j’expérimentais avec des sonorités électroniques. J’avais également l’envie de toucher un public plus large. L’album n’a pas très bien marché. Il a fallu attendre quinze ans avant de renouer avec le son classique de The Alan Parsons Project.

Que peux-tu nous dire au sujet de la tournée qui démarre ces jours-ci ?

AP : Nous sommes impatients d’interpréter plusieurs nouveaux titres. Nous démarrons les concerts avec One Note Symphony, puis jouons également Miracle, As Lights Fall et I Can’t Get There Fom Here.

Tu as travaillé aux côtés des Beatles à l’époque de l’enregistrement d’Abbey Road. Quels souvenirs en gardes-tu ?

AP : C’était extraordinaire. Je me trouvais là au bon moment, au bon endroit. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai énormément appris et cela m’a beaucoup inspiré pour la suite. A cette époque les membres du groupe enregistraient leurs parties séparément. C’étaient les premiers signes annonciateurs de la séparation.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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