Download Festival 2018

Download Festival, Base Aérienne 217 – Brétigny-sur-Orge – 16-17/06/2018

Le Download Festival se déroule pour la seconde fois sur la Base Aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge, c’est un peu loin de Paris (notamment si tu as prévu de t’y rendre en voiture par l’A6 un vendredi ensoleillé de départ en week-end) mais l’organisation est plutôt bien rodée. Forts de nos engagements professionnels, nous zappons la première journée (dommage de ne pas pouvoir assister aux adieux d’Ozzy Osbourne) et pénétrons dans l’enceinte le samedi en début d’après-midi.

Le site est vaste et propose tout un tas de stands de boissons et autres food trucks, ainsi que des marques/sponsors (boissons énergisantes, briquets, instruments de musique, …) plus ou moins reliés au domaine de la musique rock, sur la plaine qui sépare les 2 principales scènes, une troisième scène sous chapiteau accueillant les « espoirs » du festival tandis qu’une quatrième scène regroupe des groupes à plus faible renommée. Il est indiqué que des prestations se déroulent également sur une scène dans l’enceinte du camping.

 

Nous sommes en place pour Turbonegro sur la main stage. Les Village People norvégiens délivrent une prestation très rock qui lance parfaitement la journée. Ce sont les Hollywood Undead qui prennent le relais sur la main stage. Ils arrivent sur scène affublés de masques/bandanas sur le visage comme à leur habitude. Les morceaux sont un mélange assez agréable de rock/metal et de rap ; ils alternent aux instruments et réussissent à embarquer la foule en l’interpellant comme le font les rappeurs.

Un détour par la Warbird stage remplie à craquer pour écouter le metal humoristique/parodique/déjanté des nantais de Ultra Vomit ; le public connait parfaitement les morceaux et participe pleinement à la fête ; ça fait du bien cette façon de ne pas se prendre au sérieux mais la question qui se pose est : jusqu’où peut bien mener cette fanfaronnade ?

NOFX ne déroge pas à sa réputation et à l’esprit punk qui les caractérise. Le chanteur/bassiste Fat Mike est affublé d’une sémillante robe rose ; il parle beaucoup entre les morceaux (notamment pour raconter qu’ils sont interdits de concerts aux USA après une blague douteuse à propos de la tuerie de Las Vegas) et ça laisse mécaniquement moins de temps pour les morceaux. Mais quand ils jouent, c’est rapide, c’est incisif, c’est bordélique … bref c’est NOFX !

Après un rapide passage par les stands pour se sustenter, on se positionne devant la main stage 2 pour The Offspring. Sans attente particulière (je les ai vus il y a longtemps à Bercy et j’avais trouvé qu’ils jouaient en pilotage automatique), je dois reconnaitre qu’ils sont impliqués sur leur set (ils répètent qu’ils sont très contents de jouer au Download et qu’ils adorent Paris), que les morceaux sont quasiment tous des tubes (ils intercalent une reprise du morceau « Whole Lotta Rosie » d’AC/DC) et que c’est vraiment un bon concert. Ce retour dans les années 80/90 est particulièrement agréable pour cette fin d’après-midi au soleil couchant !

 

La journée se termine par la prestation de la tête d’affiche Marilyn Manson. C’est grandiloquent mais ça manque un peu de profondeur … je dois également reconnaitre que je ne connais pas bien sa discographie, mais force est de constater que la foule ne semble pas complètement conquise, à part les fans évidemment.

Nous quittons les lieux (un peu avant le rush des festivaliers vers le parking), fourbus et assommés par cette après-midi sous le cagnard. Retour le dimanche pour la prestation sauvage de Slaves sur la Warbird stage : les 2 musiciens (batterie et chant / guitare/basse) semblent au bord de l’évanouissement à la fin de chaque morceau. C’est intense, sans fioritures et le public est conquis.

Nous jetons un œil sur la prestation de Royal Republic sur la main stage 2 : les suédois, affublés de costumes lamellés argent déroulent leur morceaux rock (s’approchant tantôt du hard rock et tantôt plus classique, voire des ballades, entrecoupés d’anecdotes). Rafraîchissant.

Intrigués par l’association des légendes vivantes Mike Patton (chanteur de Faith No More) et Dave Lombardo (ex-batteur de Slayer), nous nous intéressons à Dead Cross. C’est assez hardcore, pas toujours très compréhensible au niveau de la construction des morceaux (du moins pour ce qui me concerne) mais ça dépote !

The Hives, sur la main stage, confirme une forte représentation des suédois au sein de la programmation du Download Paris 2018. Visuellement, ils jouent, comme à leur habitude, sur la dichotomie noir/blanc et sont affublés de costumes, chemises, chaussures moitié/moitié. C’est du bon rock’n’roll, ils s’y connaissent quand il s’agit de réveiller une foule de festival.

C’est la première fois que Mass Hysteria se présente en tête d’affiche d’un grand festival ; la main stage 2 est affublée d’une tenture aux couleurs du groupe qui en s’affaissant, laisse apparaitre le groupe accompagné de musiciens cagoulés qui frappent sur d’énormes tambours. Le ton est donné, ils sont (positifs) à bloc et ça va être mémorable. En effet, Mass Hysteria délivre un concert enthousiasmant : les morceaux sont puissants, compacts, alternant des rythmes rapides et des chansons plus lentes, mais toujours avec une grande intensité. Le chanteur Mouss, qui reconnait que l’enjeu de cette date a occasionné du stress, ne laisse aucun répit au public et monopolise l’attention. La connexion établie par le groupe avec sa cohorte de fans est très particulière et hautement communicative. Comme à leur habitude, Mouss, le guitariste Frédéric et le bassiste Jamie descendent jouer dans la fosse.

Mass Hysteria en profite pour annoncer la sortie de leur nouvel album « Maniac » fin octobre et termine sur le traditionnel « Furia », en invitant sur scène des danseuses brésiliennes dans un final grandiose. Il y a 2 ans, j’écrivais que « Mass Hysteria aurait mérité un horaire à la hauteur de leur maîtrise » : voilà c’est fait, et même après 25 ans de carrière, ils semblent toujours aussi motivés !

 

Il revient à Foo Fighters de clôturer cette journée du dimanche et une bonne partie du public est venue pour eux aujourd’hui. Dave Grohl est toujours aussi charismatique, il parcourt la scène de long en large. Malgré une voix un peu éraillée, confirmant les rumeurs du moment, il délivre un show très rock’n’roll, entrecoupé d’un solo de batterie (pendant lequel il est propulsé à 5 m de hauteur sur une plateforme montée sur vérins) très seventies de Taylor Hawkins (d’ailleurs, c’est quoi cette photo de Alex Van Halen sur sa grosse caisse ?).

Encore une bonne édition du Download Festival parisien … un peu moins metal, un peu plus rock. Nous attendons (toujours) avec impatience l’affiche de l’année prochaine !

Chronique : Stéphane Toutlouyan / Photos : David Fritz-Goeppinger

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