Interview : Marina Kaye

Marina Kaye : « Il y a une prise de risques que j’avais envie de prendre sur cet album ».

 

On ne présente plus Marina Kaye ! Le 20 octobre paraîtra Explicit, son deuxième album. Ayant été conquis par l’écoute de cet album aux sonorités plus pop, nous tenions à rencontrer la jeune artiste. Pour la première fois, Marina Kaye interprète des titres en français. Après le succès de On My Own, elle vient de dévoiler son deuxième single Something.

Ton actualité est très chargée avec la sortie de ton deuxième album. Comment vis-tu ces moments ?

Marina Kaye : Je n’ai pas à me plaindre ! Nous venons de terminer l’enregistrement de l’album et j’essaie de me mettre dans l’état d’esprit promo. Car quand tu te retrouves cloitré dans un studio, tu ne penses pas du tout à la manière dont tu vas expliquer les choses au moment de la promotion.

L’album étant finalisé, retournerais-tu tout de même en studio pour faire des retouches si on te le permettait ?

Marina Kaye : Si on m’en laissait la chance, je retoucherais sans arrêt. Mais je suis très fière du résultat. J’espère surtout que mon public va l’aimer !

Peux-tu rapidement revenir sur la genèse de cet album ?

Marina Kaye : De temps en temps dans l’année je me rends en studio pour écrire des chansons. C’est un processus naturel qui se fait dans la durée. Je ne vais pas en studio pour une durée déterminée comme le font d’autres artistes. Je me mets en phase de production quand je sens que j’ai suffisamment de chansons aux histoires cohérentes qui veulent dire quelque chose. Certains titres remontent d’ailleurs à 2015. Je les avais gardés sous le coude pour cet album, car ils n’avaient pas leur place sur le premier album.

Du point de vue de l’état d’esprit dans lequel cet album a vu le jour, tu avouais sortir d’une période sombre à l’issu de la tournée et avoir du mal à te remettre à écrire. Comment ça s’est passé en fin de compte ?

Marina Kaye : A l’issue de la tournée, j’avais eu la tête dans le guidon depuis deux ans sans m’en rendre compte. La pression est retombée à ce moment-là et ça a été très compliqué à gérer. Comme tout artiste, on se demande ce qu’on va pouvoir faire et comment on va avancer. J’étais un peu paumée à ce stade. Est venu le moment où j’ai décidé de retourner en studio pour écrire. J’ai littéralement mis six jours pour écrire Something. C’est justement une chanson qui parle du vide que j’ai pu ressentir à cette période. Après ça j’ai commencé à me retrouver et à ressentir des choses.

Comment retombe-t-on sur ces pieds après un tel succès, notamment en ce qui concerne ton proche entourage ?

Marina Kaye : La tournée passée, il faut écrire une nouvelle page et passer à autre chose. C’est une phase difficile au cours de laquelle on se pose beaucoup de questions. C’est une période un peu égoïste. Je me demandais comment j’allais avancer et comment j’allais pouvoir continuer à faire des choses qui me feraient plaisir et me correspondraient. Je m’en veux d’ailleurs de ne pas avoir suffisamment avoir prêté attention à ce qui se passait autour de moi. J’étais plus focalisée sur la manière dont j’allais retourner sur le circuit.

Deux ans et demi se sont écoulés depuis la sortie de ton premier album. De quelle manière Explicit te reflète-t-il aujourd’hui ?

Marina Kaye : L’album reflète mon évolution, car il finit sur une chanson particulièrement positive. Je souhaitais que cet album fasse suite au premier. C’est la raison pour laquelle il démarre par de la mélancolie. Il finit de manière optimiste car c’est là où je me situe aujourd’hui.

Le single On My Own fait un tabac sur les ondes. Pourquoi avoir choisi ce titre comme premier extrait de l’album ?

Marina Kaye : C’est marrant, car c’est le dernier titre qui a vu le jour. J’étais partie à Londres pour coécrire ce morceau avec d’autres jeunes artistes. On s’est dit que c’était vraiment bien (rires). Quand je l’ai présenté en revenant, tout le monde était d’accord sur le fait qu’il était unique et que nous devrions en faire le premier extrait.

L’album a des tonalités plus pop. D’où provient cette nouvelle influence ?

Marina Kaye : Je me définis comme une chanteuse pop. Je n’ai pas envie de changer mon identité pour aller vers quelque chose qui me correspond moins. Mais j’avais tout de même envie de mettre quelques sonorités plus osées que sur le premier album. Il y a donc quelques prises de risques par-ci par-là comme sur Merci Quand Même.

J’en profite pour te dire que c’est mon titre préféré sur l’album.

Marina Kaye : Le mien aussi (rires). C’est un morceau qui n’aurait pas eu sa place sur le premier album. Il y a une prise de risques que j’avais envie de prendre.

La grande nouveauté c’est que certains titres sont chantés en français. Pour quelle raison avoir choisi de faire un album anglo-français ? C’est plutôt rare de voir ça et ça passe très bien !

Marina Kaye : J’étais déjà très fière de chanter en anglais. Cela représente une belle victoire à mes yeux si j’arrive à imposer également les titres chantés en français. On me l’a souvent réclamé. Je n’ai d’ailleurs rien divulgué avant, car je voulais avoir la liberté de ne pas le faire si je sentais que le résultat ne serait pas à la hauteur. J’avais un album entièrement chanté en anglais sous le coude au cas où.

Pourquoi avoir donné Explicit comme nom à l’album et avoir donné sens aux émotions dans le teaser ?

Marina Kaye : Quel mot est plus fort que « Explicit » pour décrire les sentiments ? Les personnes dans le teaser expriment une palette d’émotions : le vide, la fragilité, la peur, la mélancolie ou encore l’optimisme qu’on retrouve sur l’album.

J’aimerais parler de deux titres en particulier. Armour sort très clairement du lot, tant au niveau de ta prestance vocale que de la qualité du son…

Marina Kaye : Je suis contente de t’entendre dire cela, car c’est le morceau le plus audacieux sur l’album en ce qui concerne la production. Je suis très fière de ce morceau qui fait déjà partie de mes favoris. Je le garde sous le coude depuis environ un an déjà. La magie a opéré lors de son enregistrement.

L’autre morceau est Merci Quand Même

Marina Kaye : Il a vu le jour en début d’année. Ce titre a été difficile à écrire. Il m’a pas mal torturé la tête. Je voulais qu’il soit intelligent et qu’il délivre mille messages. Je voulais qu’il y ait un peu de sarcasme dedans. C’est un titre très important à mes yeux.

D’où part généralement l’inspiration d’une chanson ?

Marina Kaye : La vie ! C’est aussi simple que ça. Je m’inspire de mes expériences en les transformant ou en les mélangeant à d’autres histoires.

Es-tu plus particulièrement attaché à un style musical quand tu écoutes de la musique ?

Marina Kaye : Je ne peux pas te citer univers musical en particulier. Si j’aime plus particulièrement un morceau, c’est parce qu’il y a quelques secondes qui me captent, comme par exemple une ligne de basse intéressante. Je peux donc écouter n’importe quel style tant que cela me procure des émotions particulières.

A l’écoute de l’album, je peux imaginer que tu vas toucher un public plus large. Est-ce une démarche volontaire ?

Marina Kaye : Je ne m’attendais pas à cela, mais une partie de mon public a un certain âge, environ entre 25 et 40 ans. Je vois beaucoup de jeunes à mes concerts. Mais ils viennent essentiellement pour entendre les singles comme Homeless. Un morceau comme Merci Quand Même peut plaire à l’un comme à l’autre. A vrai dire, je ne sais pas ce que l’album va m’apporter. En tout cas sur scène c’est très différent, j’avais fait quelque chose de plus rock à partir des morceaux du premier album.

J’avais justement une remarque à ce sujet. Un titre comme Taken prend vraiment vie sur scène comme on le constate lors de ton concert donné à l’Olympia…

Marina Kaye : Au départ, Taken avait  été enregistré qu’avec de vrais musiciens. Je trouve intéressant d’interpréter les morceaux de façon plus rock sur scène, que de les reproduire telles qu’ils apparaissent sur l’album.

Tu as récemment enregistré une reprise de Only The Very Best, chantée par Peter Kingsbury et figurant à l’origine en version française sur l’opéra rock Starmania…

Marina Kaye : On est venu me proposer de participer à l’album hommage à Balavoine. Il était évident pour moi de reprendre ce titre. J’ai constaté qu’il avait mis le riff de guitare avant le pont, du coup je l’ai mis à la fin pour qu’on ne dise pas que je le copie (rires).

Pour finir, je te parlais de l’Olympia tout à l’heure. Te souviens-tu de ce que tu ressentis  à quelques secondes de ton entrée sur scène ?

Marina Kaye : J’étais morte de trouille. Comme c’était la date parisienne, il y avait tout le monde dans la salle, des proches, des invités, les médias… Et puis il y avait une captation filmée du concert. Si j’avais pu laisser la place à quelqu’un d’autre je l’aurais fait. Mais après les trois premiers morceaux tu oublies ces peurs.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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