Imagine Dragons retrouve la lumiere

Interview de Imagine Dragons

Les quatre membres du groupe Imagine Dragons nous ont donné rendez-vous dans un chic hôtel parisien pour évoquer leur actualité. Leur nouveau single Believer est déjà diffusé sur toutes les ondes et annonce l’arrivée de leur troisième album, dont la date de sortie est encore inconnue. Ayant pu en écouter quelques extraits, nous pouvons dès à présent vous annoncer que le nouveau son d’Imagine Dragons ne vous laissera pas indifférent. Mais laissons la parole à Dan Reynolds (chant), Wayne Sermon (guitare), Dan Platzman (batterie) et Ben McKee (basse), non sans leur avoir laissé le temps de jouer quelques parties du jeu Puissance 4 avant de commencer l’interview…

Votre précédent album Smoke & Mirrors a atteint des sommets dans les charts. Avec le recul, que pensez-vous de cet album ?

Dan Reynolds : Nous sommes très fiers de cet album. En ce qui me concerne, l’album a été composé à un moment très difficile de ma vie. C’était une période assez sombre pour moi. L’album a beaucoup d’importance à nos yeux, dans le sens où il signifie le retour à la lumière, à quelque chose de plus positif.

Wayne Sermon : Notre premier album Night Visions a vu le jour très rapidement et nous n’avions pas d’attentes spécifiques. Nous étions déjà contents de notre succès à ce moment-là. Nous étions particulièrement impatients de retourner en studio pour démarrer l’écriture de Smoke & Mirrors pour poursuivre la dynamique entamée. Actuellement, nous mettons les touches finales à notre prochain album et sommes plus que jamais soudés au sein du groupe.

Believer, votre nouveau single, est l’un des meilleurs morceaux que vous ayez publié. Ce morceau est-il représentatif de ce que nous allons entendre sur votre prochain album ?

Dan Reynolds : Quand j’écoute de la musique, cela anime visuellement mon imagination. Pour revenir à ce que nous disions tout à l’heure, Smoke & Mirrors projetait des images de type noir et blanc avec un côté gothique. A l’inverse, notre nouvel album sera très coloré. Je dirais que Believer est tout à fait représentatif de ce que vous allez entendre, également en ce qui concerne les paroles. Depuis nos débuts, je n’ai jamais écris des paroles trop légères, parlant par exemple du fait de sortir faire la fête. Je m’inspire davantage des émotions. Believer donne un exemple clair de l’ambiance et des thèmes abordés sur le nouvel album.

J’ai eu la chance de pouvoir écouter quelques morceaux aptes à figurer sur l’album. Le son est très propre et clair. Il a quelque peu évolué depuis vos deux premiers albums. Y a-t-il eu un changement dans la production ?

Dan Reynolds : Tu as tout-à-fait raison. Nos deux premiers albums ont été intégralement autoproduits. Pour la première fois, nous sommes entourés de plusieurs producteurs : Joel Little, Mattman & Robin, et John Hill qui a collaboré avec The Arctic Monkeys. Avec le temps et l’expérience, nous avons envie de tester de nouvelles choses et de nous entourer d’excellents producteurs.

Le single paraît alors que vous n’avez pas finalisé l’enregistrement de l’album. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Dan Reynolds : Il y a deux raisons à cela. D’une part, cela permet de se fixer un ultimatum pour la finalisation du nouvel album. Autrement nous risquerions de passer beaucoup de temps en studio. D’autre part, nous souhaitons bâtir notre carrière de manière réfléchie, sans brusquer les choses en laissant à nos fans le temps d’immerger dans notre musique.

Votre nouvel album est très attendu par vos fans et la presse musicale. Quel est le niveau de pression ?

Ben McKee : Je dirais que la plus grosse part de pression est derrière nous. Nous n’avons pas subi de pression pour l’écriture des nouveaux morceaux. Après avoir fini notre dernière tournée mondiale, nous avons pris un peu de recul et de repos. Ce qui a eu impact très positif sur l’écriture du nouvel album.

Je disais cela car l’histoire du rock a prouvé plus d’une fois que le troisième album et l’album de la dernière chance, pour ne citer que les exemples de Queen et Bruce Springsteen. Etes-vous d’accord avec ce principe ?

Dan Platzman : Personnellement je dirais que nous avons subi davantage de pression avec le deuxième album.

Wayne Sermon : A mon avis, le troisième album permet à un groupe de poser des fondements solides. Mais je suis du même avis que Dan. Peut-être aurions-nous dû nous mettre davantage de pression sur l’écriture du nouvel album ? (Rires).

Revenons au single Believer. De quoi parle ce titre ?

Dan Reynolds : Il s’agit d’une réflexion sur ma vie et la gratitude que je ressens pour les souffrances subies, car elles me permettent d’être un être plus fort aujourd’hui.

Ce morceau contient plus de percussions qu’à l’accoutumée. D’où cela vient-il ?

Dan Reynolds : Dan (Platzman) et moi avons grandi en écoutant du hip hop et de la musique urbaine. Wayne est davantage tourné vers le rock classique. Ben est plus éclectique et apporte une multitude d’influences. Mais pour nous tous, le rythme reste primordial. Et détail important, j’ai été batteur plus jeune !

Dan Platzman : Peut-être cela vient-il de nos débuts dans les casinos à Las Vegas où nous devions à tout prix attirer l’attention du public qui ne venait pas pour nous écouter. Le fait d’avoir Dan sur le devant de la scène jouant des percussions y a très certainement contribué.

Dan, dans le clip de Believer tu affrontes l’acteur Dolph Lundgren, qui a interprété Ivan Drago dans Rocky IV. Comment l’avez-vous convaincu ?

Dan Reynolds : Nous étions très incertains à ce sujet. Dolph Lundgren est censé me représenter dans un avenir plus lointain. Il devait donc y avoir une petite ressemblance entre nous. Nous avons tous été bercés par les films de Rocky plus jeunes. Il s’avère qu’il apprécie beaucoup notre musique et a donc accepté. J’ai pris des leçons de boxe pendant plusieurs mois en préparation de ce tournage. Je ne te cache pas que je me suis pris quelques vrais coups pendant le tournage (rires).

La pochette qui accompagne  le single est magnifique. L’image est très cinématographique…

Dan Reynolds : Il nous fallait un visuel coloré pour être en phase avec la musique. Cette image symbolise parfaitement l’esprit de l’album. On voit ce personnage sortir de l’ombre pour aller vers la lumière. La pochette symbolise parfaitement la transition faite entre Smoke & Mirrors et l’album à venir car je me suis rarement senti aussi bien que depuis l’année dernière.

« Je me suis rarement senti aussi bien que depuis l’année dernière (Dan Reynolds).« 

Cela fait plaisir à entendre ! Le titre Believer a été utilisé par Nintendo pour sa publicité diffusée lors du Super Bowl. Racontez-nous cette collaboration.

Dan Reynolds : A la sortie du single, Nintendo l’a entendu et a souhaité l’utiliser. C’est aussi simple que cela. Nous avons tous les quatre grandi avec les jeux Nintendo et sommes tous de grands fans de jeux électroniques. Nous ne sommes très fiers que Nintendo ait choisi notre musique.

D’une façon plus générale,  comment gérez-vous la célébrité au quotidien, d’autant plus que c’est assez récent ?

Ben McKee : Une majorité de personnes pensent que nous avons été célèbres du jour au lendemain. Ce qui n’est pas faux depuis la sortie du premier album. Mais nous avons tout de même travaillé très dur pendant de nombreuses années pour y arriver. Nous sommes donc conscients que c’est est le fruit du travail du groupe. Cela a fortement solidifié les relations entre les membres du groupe.

La scène a toujours été un élément fondamental pour le groupe. Vous considérez-vous plus comme un groupe de scène que de studio ?

Tous les membres du groupe acquiescent. 

Wayne Sermon : C’est probablement ce que nous faisons de mieux grâce aux nombreuses années de pratique à Las Vegas. Nous y jouions jusqu’à cinq heures de suite trois à quatre fois par semaine. Nous nous sentons donc très à l’aise sur scène.

En regardant quelques extraits de concerts donnés à Paris, j’ai été surpris par l’accueil du public. Que ressentez-vous à chacun de vos passages ici ?

Dan Reynolds : Pour honnête avec toi, nos passages à Paris font partis des moments forts de nos tournées. Nous avons pourtant des fans extraordinaires dans le monde. Le public parisien a une passion sans limite pour la musique et l’émotion y est très forte. Ce sont des choses qui ne se produisent pas partout.

Quel est votre meilleur et votre plus étrange souvenir en concert ?

Ben McKee : Je pense être bien placé pour répondre. A San Francisco on m’a jeté au moins une vingtaine de sous-vêtements masculins. C’était une mauvaise blague de la part de fans locaux (rires).

Dan Platzman : Je garde un souvenir inoubliable du Brésil ou nous avons joué devant au moins 80 000 personnes chantant toutes les paroles à l’unisson.

En préparant l’interview, je suis tombé sur une très bonne reprise de Radioactive par Within Temptation, un groupe de métal néerlandais très connu. L’avez-vous déjà entendue ?

Dan Platzman : Non, cela ne me dit rien. Mais nous allons y jeter une oreille !

Propos recueillis par Thorsten Wollek / Photos : Michela Cuccagna

Posted on by Thorsten in Interview, rock, rock/pop

Imagine Dragons retrouve la lumiere

  1. Audrey

    Superbe interview Thorsten! Quelle chance de les avoir rencontrés. Leur dernier album paraît top. Hâte de l’entendre. 🙂

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