Interview : Jeff Angell’s Staticland

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Jeff Angell est l’un des fondateurs du groupe de blues-rock Walking Papers formé à Seattle, auquel Duff Mc Kagan, bassiste du groupe Guns’n’Roses, a participé. Nous nous sommes entretenus avec Jeff Angell dans un hôtel parisien au lendemain d’un concert donné à Paris dans le quartier de Châtelet pour parler de « Staticland », son opus publié en mai dernier.

Comment s’est passé le concert hier soir au Klub ?

Jeff Angell : Très bien merci ! C’est un lieu minuscule et nous avons eu très chaud. La plupart des personnes étaient invitées car nous devons nous faire connaître auprès des médias. L’album vient seulement de sortir. Les retours sont plutôt positifs dans la presse, notamment de la part de magazines allemands venus jusqu’ici pour m’interviewer aujourd’hui.

Ton nouveau groupe porte ton nom. Comment définirais-tu ce groupe ?

Jeff Angell : Je suis passé par plusieurs groupes par le passé qui n’ont pas perduré. Aux yeux d’une majorité ce groupe ressemble plus à un projet solo, alors que je définirais plutôt Walking Papers comme tel. Duff (Mc Kagan) nous a rejoints une fois seulement les enregistrements terminés. J’ai composé la totalité des morceaux. Du coup, ce nouvel album ressemble plus à un projet collaboratif. J’ai déjà cinq albums à mon actif avec Benjamin Anderson (claviers).

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Raconte-moi plus en détail la collaboration avec Duff ?

Jeff Angell : Sur la version d’origine de l’album il ne jouait que sur deux morceaux. Quand il m’a contacté pour me dire qu’il était intéressé pour rejoindre le groupe, nous avons  pris la décision de réenregistrer l’intégralité de l’album avec lui. Son nom a bien évidemment contribué à notre notoriété. Je lui en suis très reconnaissant et nous sommes de très bons amis. Il n’hésite d’ailleurs pas à promouvoir ce nouvel album de son côté.

Dans quel but as-tu créé Jeff Angell Staticland ?

Jeff Angell : J’ai constamment de nouvelles idées et ne cesse de composer de nouveaux titres. Il me fallait donc un groupe pour leur faire voir le jour. Je n’ai pas pu réaliser cela avec Walking Papers car Martin (le batteur) a renommé le groupe différemment sous le nom de Levee Walkers entre temps  alors que Walking Papers était mon groupe à l’origine. Aussi, avec le groupe Walking Papers c’est un peu plus compliqué, car Duff n’a évidemment pas les mêmes attentes. Il a connu la gloire très jeune avec Guns’n Roses. Alors que je suis plein d’ambition, lui est plus détendu aujourd’hui.

J’ai du mal à comprendre les véritables raisons de cette rupture…

Jeff Angell : Martin ne souhaitait pas partir en tournée avec un autre bassiste, sachant que Duff a un planning surchargé et ne pouvait assurer une tournée avec Walking Papers. C’est à ce moment-là que les problèmes ont commencé, car cela ne me posait aucun problème de continuer sans Duff. Je croyais dur comme fer aux nouveaux titres. Actuellement Martin ne fait plus grand-chose, alors que je sors un nouvel album, ce dont je suis très fier.

De combien de titres s’agissait-il ?

Jeff Angell : Nous sommes allés en studio avec 22 compositions et donc plus que nous n’en avions besoin pour l’album. Le CD en comporte 13, la version vinyle 15 et en téléchargement tu as droit à 17 titres. Il en reste 5 à sortir.

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Tu fais preuve d’une grande diversité d’influences musicales sur cet album, même si le socle est basé sur le style blues…

Jeff Angell : J’aime beaucoup la diversité. Prends l’exemple de groupes comme les Rolling Stones et Led Zeppelin, ils ne sont pas non plus cantonnés à un style à l’inverse des Ramones. Un groupe comme The Kills joue de la musique électronique. Mais si tu écoutes plus attentivement, tu te rends compte que la base est très blues. Ils poussent donc la musique dans une nouvelle direction. C’est également ce que j’essaie de faire avec mon groupe. L’album s’inspire fortement du blues mais nous tentons d’emmener la musique ailleurs.

A certains moments ta voix me rappelle celle de Ian Astbury du groupe The Cult…

Jeff Angell : Cela tombe très bien que tu dises cela, car eux s’inspirent également du style blues. Pour répondre à ta question, je voulais devenir guitariste au départ. Nous répétions dans une salle de répétitions avec un de mes groupes étant plus jeune. Il s’avère qu’un groupe reprenait des morceaux de The Cult dans une salle à côté. Comme ils n’avaient pas de chanteur et que je connaissais ces titres par cœur, je les accompagnais régulièrement. C’est à ce moment-là que j’ai su que j’étais fait pour chanter. The Cult m’a énormément inspiré.

Ta musique reste finalement assez simpliste, même si chaque écoute de tes titres révèle son lot de surprises..

Jeff Angell : Oui, je suis conscient de cela. La musique est représentée par les temps que tu marques entre les notes et non par les notes que tu joues. Cela ne sert en rien la musique de trop vouloir en faire. Il est important de retirer tout ce dont un morceau n’a pas besoin.

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Ta as récemment dit qu’il fallait impérativement que tu croies en ce que tu chantes. En t’écoutant chanter, je te définirais comme un conteur. Comment ne pas citer Bruce Springsteen, dont je suis un grand fan…

Jeff Angell : Moi aussi ! Nebraska est mon album préféré. Ses paroles ont une force incroyable, car elles parlent de détails rendant ces histoires réelles en les écoutant. Ce sont les choses de la vie dont il parle dans

ses chansons qui font qu’autant de personnes s’identifient à elles. Il parle de la vie et (et de ce qui la rend magique. Cela a très certainement contribué au succès de ses albums et explique pourquoi tant de gens les écoutent encore.

Photos et chronique : Thorsten Wollek 

Posted on by Thorsten in Interview

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