Bloc Party a l’Alhambra : So (not) fucking useless !!!

bloc-party-alhambra

Le grand retour de Bloc Party était attendu par les fans de la première heure… et les autres. Avec un 5e album studio intitulé Hymns annoncé pour le 29 janvier 2016, le groupe de rock indé britannique de Kele Okereke allait enflammer l’Alhambra comme au bon vieux temps de Silent Alarm.

bloc_party_groupe

Avec le départ du batteur charismatique Matt Tong à l’été 2013 et la « retraite » du bassiste Gordon Moakes en mars 2015, on ne donnait pas cher de la peau de Bloc Party. D’autant plus que le leadsinger, Kele Okereke, s’embarquait dans un tout autre délire avec un projet solo électro. Ce n’est plus au Zénith ni à l’Olympia mais bien sur la scène de l’Alhambra que va se produire Bloc Party ce soir-là. Même si de l’eau a coulé sous les ponts depuis leur chef d’œuvre Silent Alarm, l’un des albums les plus puissants des années 2000 (trop puissant même !), le groupe londonien a tellement d’excellents titres dans sa musette soutenus également par de nouveaux morceaux très séduisants qu’il peut enflammer le public parisien qui ne demande, lui, qu’à retrouver de bonnes sensations musicales dans les salles.

Le groupe se met en place et compte désormais sans ses rangs les remplaçants de Matt et Gordon en les personnes de Justin Harris et Louise Bartle, respectivement américain (from Portland, Oregon) et de sexe féminin. Gros changements auxquels on ne pense plus d’entrée de set à l’écoute du morceau Hunting For Witches et ses riffs diaboliques. Kele et Russel ont aussi quelque peu changé : l’un a pris des joues, l’autre a raccourci la mèche. Mais le chanteur reste un véritable entertainer : souriant, drôle, remuant, et toujours émetteur de cette voix qui reste l’un des signes particuliers du groupe.

Le public ne tarde pas à être bien chaud. Si là dedans c’est pas plein, c’est pas loin. C’que c’est bon de revenir 10 ans en arrière avec les monstrueux hits comme Positive Tension (« So Fucking Useless !!! »), Banquet et ses deux grattes qui se répondront jusqu’à la fin des temps, ou encore le son ravageur du titre Helicopter. À se demander si ce concentré de tubes n’était pas trop lourd entre les mains de ces gamins en 2005. Les albums qui suivirent n’auront jamais pu rattraper cette première œuvre. Et pourtant, d’autres sons comme Octopus, Song For Clay, Flux (ambiance clubbing) ou encore Ratchet, morceau sur lequel la basse peut se la raconter, font presque autant d’effet.

L’appréhension ou le scepticisme d’avant le concert n’est qu’illusion. Setlist équilibrée, belle ambiance et un groupe toujours au top de sa forme. Russell Lissack manie toujours sa guitare de main de maître. Style shoegaze, le leadguitarist fait encore danser ses doigts avec facilité sur le manche comme aux premiers jours, et reste le principal artisan du son Bloc Party. Les spectateurs à ses pieds sont subjugués. Kele a plus les mains libres qu’avant pour s’éclater avec le micro. Il est pas mal à genou pour bidouiller ses machines et ainsi rajouter quelques effets et sa petite touche électro. Quant à Louise, la petite nana s’acharne sur la batterie avec force et énergie pour donner le rythme d’enfer au gré des morceaux.

Le but de ce concert reste quand même de présenter le nouvel album de Bloc Party intitulé Hymns et qui paraitra fin janvier 2016. Si le titre The Love Within a déjà fait son petit effet sur la toile, les morceaux Eden, Virtue, The Good News, Different Drugs, Exes et So Real (avec Kele au clavier, s’il vous plait) montrent une nouvelle facette de la formation et donne le ton de l’album : plus cool et plus orienté électronique. Ce qui n’empêche pas le public d’adhérer à ces nouvelles compo.

Le premier rappel se termine par un classique, This Modern Love. Un énorme boucan se fait entendre entre les murs de l’Alhambra, le public en redemande ! À tel point que le roadie, déjà en train de démonter le kit de batterie à la fin du morceau, s’arrête et quitte la scène pour laisser place à nouveau aux membres de Bloc Party. Ils enchainent une dernière fois avec She’s Hearing Voices et les lumières rouges et bleues claquent le visage de Kele, qui donne tout jusqu’à la dernière note. Un énorme concert de ce groupe déjà mythique qui a su se renouveler musicalement tout en restant une valeur sûre de la scène indie.

Chronique : Romain Hemelka

Posted on by Thorsten in en concert, indie, rock

Repondre