Milky Chance recite une poesie moderne …

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Pour leur premier album, les deux jeunes allemands qui forment Milky Chance ont frappé un grand coup. Signé sur leur propre label Lichtdicht Records, Sadnecessary est une véritable ode à la nature et à la liberté sur des rythmes folk, electro et reggae accompagnée d’une légère brise de mélancolie. Un sentiment de frais s’abat alors sur nos oreilles.

C’est à s’y méprendre : on sentait le groupe Milky Chance venir des États-Unis avec cette voix bien rauque, bien éraillée, et une musique propice au road trip à travers les grands espaces américains. Plus chaud que Bon Iver, plus moderne que Beirut, plus éclectique qu’Eddie Vedder… On s’imaginait qu’ils étaient peut-être australiens, genre Jack Johnson mais en moins soleil et plage. On avait tout faut : Clemenz et Philipp nous viennent d’outre Rhin, et c’est à s’y méprendre.

Car si la langue d’interprétation est bien sûr l’anglais, la culture musicale de ces deux-là est très riche. Amis depuis le lycée, Clemenz jouait dans un quartet de jazz alors que Philipp était DJ. Kassel, leur ville d’origine, est certainement une source d’inspiration : la verdure, le cadre de compte de fées avec ses châteaux, le calme qu’elle inspire… Oui, c’est sûrement là et dans leur vie de jeunes gens qu’ils ont puisé pour écrire les textes et composer la musique de ce délicieux album Sadnecessary.

Tout commence dès les premières notes et la voix indescriptible qui chante les paroles du titre d’ouverture, Stunner. Le charme agit immédiatement, la tonalité de l’album est donnée. C’est bien sur une ambiance de sad party et des rythmes tantôt lents, tantôt rapides, que les morceaux défilent, comment autant de perles que l’on enfile sur un collier.

Les thèmes de la nature et du road trip sont souvent abordés à travers les morceaux comme Down By the River et ses accords de guitare sèche qui coule telle une rivière, Flashed Junk Mind qui ferait parfaitement l’affaire à jouer autour d’un feu de camp avec son tempo tranquille et Inido, le morceau qui aurait pu faire partie de la bande originale du film Into The Wild.Stolen Dance

À cet état sauvage et de totale liberté s’oppose la vie urbaine. Running semble coller à l’ambiance soirée / clubbing allemand. Avec son beat rapide et ses touches électro, le duo prouve qu’il sait également faire danser la foule comme de vrais animateurs de dancefloor. Les riffs de Sweet Sun peuvent aussi faire bouger les derrières. Ils s’improvisent également compteur lorsque sur la chanson Sadnecessary, qui a donnée son nom à l’album, ils entament avec « Miror, Miror », qui n’est pas sans rappeler un conte des frères Grimm, part de la culture germanophone connue dans le monde entier.
Fairytale comporte dans le titre même la notion de romance et parle enfin d’amour et non de douleur.

C’est un disque magique qui sort au beau milieu de ce printemps 2014 et donne quelques rayons de soleil à ce climat bien triste. Milky Chance fait rayonner l’Allemagne partout en Europe en ce moment et redonne à la poésie germanophone ses lettres de noblesses. Sadnecessary est un arc en ciel de sons et genres qui séduira les oreilles de tous horizons musicaux.

Posted on by Thorsten in Album de la semaine, electro, indie, Non classé

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