Jamaica : Mais ou sont passes les Rasta Rockett ?

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Jamaïca achevait jeudi dernier à La Boule Noire, à Pigalle, une mini-tournée triomphale de 2 dates sold-out (avant une apparition au mythique club berlinois le Berghain au mois de Mai) pour accompagner la sortie de leur deuxième album Ventura (qui tire son nom de Ventura Boulevard, grosse artère de la San Fernando Valley, où l’album a été enregistré). Sur la pochette figure une photo du groupe, de son matos et d’un jet sur le tarmac, inspirée de la back-cover du célèbre Ummagumma de Pink Floyd (disque assez difficile d’accès, selon mes souvenirs).

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Je découvre la Boule Noire, salle intime et chaleureuse, plancher sombre et bancs en bois sur les côtés, scène au fond sur toute la largeur, à l’opposé du bar.
Les Burning Peacocks assurent la première partie : de bonnes idées, un peu en dedans, quelques bonnes lignes de basse et une chanteuse qui a du chien… mais il ne leur manque pas un batteur ?
La salle se remplit, on reconnaît dans l’assistance Xavier de Rosnay, la moitié de Justice qui a officié en tant que producteur sur le 1er album.
Plus surprenant, on aperçoit Orelsan : sérieux, Orelsan ?

Les Jamaica arrivent sur scène au son de « 2 on 2 ».
Le chanteur Antoine Hilaire arbore une coupe à la Paganelli, le bassiste Florent Lyonnet ressemble à Jean Dujardin … depuis la fosse en tout cas !
Composé de 2 guitares, d’une basse et d’une batterie, le groupe chante en anglais et enchaine les morceaux aux refrains chantés à 3 voire 4.
Bon, on ne va pas se mentir : sur disque, je trouve que ça manque de relief … mais sur scène, c’est plaisant et pêchu.

Le NME, hebdo anglais mythique « faiseur de meilleur groupe du monde pour les 2 semaines à venir », a chroniqué leur album comme un mix entre les Strokes et Phoenix : pas étonnant quand on sait que le producteur a travaillé sur l’album Bankrupt et que l’ingénieur du son fait partie de la team Daft Punk … et on retrouve la Versailles’ connection !

Les morceaux « Houdini », « All inclusive », « Secrets » enchainent de gros riffs de guitare joués sur des Gibson et c’est carré.
Le groupe semble plutôt à l’aise (malgré un line-up relativement récent) mais le public a du mal à s’enflammer : il manque un petit quelque chose pour que tout ce beau monde, totalement acquis à leur cause, entre en fusion.

En rappel, Jamaïca joue « I Think I Like U 2 » puis invite Mehdi Pinson sur scène pour chanter la chanson « Goodbye Friday » qu’il a co-écrite.

Alors : Pop Rockett ou Stronix ?

Chronique : Stéphane Toutlouyan

Posted on by Romain Hemelka in en concert, indie, rock

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