Interview : The Hold Steady

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Peu connu en France, The Hold Steady, groupe originaire de Brooklyn New York, n’en est pourtant pas à son premier essai. The Hold Steady vient de publier son sixième opus, The Teeth Dreams, leur meilleur à ce jour aux vues de la qualité des titres et de l’énergie déployée. Compositeur de l’un des thèmes principaux de la série The Game Of Throwns, le titre The Bear and The Maiden Fair ne vous est peut-être pas inconnu.Il est temps de découvrir ce groupe, qui fera un passage par la Flèche d’Or le 10 octobre prochain. Nous avons rencontré Craig Finn (chant) et Tad Kubler (guitare) dans un hôtel parisien.

Vous avez joué à la Flèche d’Or en 2010. Avez-vous des souvenirs particuliers de ce passage en France ?

Craig Finn : Oui, j’en ai. Il y avait une fille au premier rang dont je ne pouvais détourner le regard. J’étais persuadé de l’avoir déjà vue quelque part auparavant. C’est seulement à la fin du concert que je me suis souvenu l’avoir connue à l’époque du lycée aux Etats-Unis. Elle vit à Paris aujourd’hui. C’était amusant. Depuis, nous nous contactons régulièrement.

The Hold Steady fête dix années de carrière avec pas moins de six albums à son actif. Etes-vous fiers de ce que vous avez atteints ?

Craig Finn : Oui, mais on veut toujours plus ! On a dépassé nos attentes assez rapidement.

Tad Kubler : Nous sommes reconnaissants de pouvoir faire ce métier. Mais à la fois, nous souhaitons évoluer.

Étrangement, vous tendez à devenir plus rock que dans le passé, alors que vous prenez de l’âge. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Craig Finn : L’arrivée de Steve Selvidge, notre deuxième guitariste, a certainement contribué à cette évolution. Cette constellation à deux guitares rend le son beaucoup plus puissant et permet à Tad de briller davantage.

Tad Kubler : Je dirais que les parties plus puissantes le sont encore davantage. Je définirais cet album comme étant le meilleur au regard de la dynamique qu’il véhicule.

Votre son actuel a-t-il pour objectif d’attirer un public plus jeune ?

Craig Finn : De manière générale, nous jouons ce dont nous avons envie. Nous n’avons pas pour objectif d’attirer une certaine cible. En ce qui me concerne, il s’agit surtout de prendre plaisir à jouer de nouveaux morceaux. Mais nous espérons bien évidemment attirer de plus en plus de monde.

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Quel est la signification du titre de l’album ?

Craig Finn : « Teeth Dreams » sont des rêves au cours desquels tu perds tes dents. Beaucoup de gens ont ce type de rêves. C’est un signe d’anxiété.

Craig, j’ai été surpris de découvrir que tu as été journaliste à une autre époque.

Craig Finn : Oui (rires). J’ai fait une dizaine de chroniques d’albums étant étudiant. Le groupe Uncle Tupelo à découvert ma chronique en rassemblant du matériel pour la réédition de l’un de leurs albums. Ils m’ont donc contacté pour me demander la permission d’utiliser ma chronique pour la publier dans le livret. Certaines parties n’étaient pas très bien écrites (rires).

Justement, quel regard jetez-vous sur les chroniques de vos propres albums ?

Craig Finn : Celles pour Teeth Dreams sont très bonnes. Nous n’en tenons pas vraiment compte. Ce qui compte le plus sont les fans. Mais il est évident que cela fait plaisir de lire une chronique bien écrite et perspicace.

Comment se fait-il que 4 années se soient écoulées entre Teeth Dreams et votre précédent album ?

Craig Finn : Suite à la sortie de Heaven Is Whenever en 2010, nous avons défendu l’album sur les routes jusqu’en 2011. Nous n’avons cessé de travailler au cours de ces trois dernières années.

I Hope This Whole Thing Didn’t Frighten You et On with the Business font partis des meilleurs morceaux que vous n’ayez jamais écrits. Comment expliquez-vous cela ?

Craig Finn : C’est également mon avis ! (rires).

Tad Kubler : L’arrivée de Steve (Selvidge) a eu son effet sur le groupe. Outre le fait d’être un super guitariste, nous jouons formidablement ensemble. Il a su mettre la barre plus haute pour le groupe. Aussi, le fait que nous en soyons à notre sixième album, nous sommes beaucoup plus confortables avec l’écriture des titres. L’arrivée de notre nouveau producteur et la pause que nous avons faite y ont également contribué.

En écoutant l’intégralité de vos albums, il me semble difficile de définir votre style. Peut-être pouvez-vous m’aider à ce sujet ?

Craig Finn : C’est très simple, il s’agit de rock’n’roll.

Tad Kubler : L’aspect narratif est également très important dans notre musique. Peu de groupes fournissent des paroles de la même qualité que nous. Au moins en ce qui concerne des groupes plus récents, car un artiste comme Bruce Springsteen est une réelle inspiration pour nous.

Craig Finn : Je suis un grand fan de Bruce Springsteen, principalement en ce qui concerne ses prestations en public et l’utilisation des textes pour raconter toutes ces histoires, les personnages… Et puis, quand tu le vois sur scène, tu as l’impression de faire partie de quelque chose.

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En parlant de l’aspect narratif, tu as également cité Phil Lynott (Thin Lizzy) comme influence majeure.

Craig Finn : Il y a quelque chose de similaire entre ces deux artistes. Tout d’abord ils étaient fan l’un de l’autre.  Phil Lynott était également un grand « Storyteller ». Nous sommes tous de grands fans de Thin Lizzy dans le groupe et de la façon dont ils ont racontés l’Amérique dans certains morceaux.

Le morceau The Bear and The Maiden Fair, écrit pour la série The Game Of Throwns vous a catapulté vers le haut un court instant. Ce titre n’est pourtant pas représentatif de votre style.

Tad Kubler : Dan Weiss et David Benioff (scénaristes) apprécient beaucoup The Hold Steady et voulaient que nous participions à cette aventure. Nous leur avons présenté différentes versions du morceau. Ils ont retenus celle qui correspond plus à nos premiers albums.

Avez-vous une idée de ce que cela apporte à votre carrière ?

Craig Finn : Il est difficile de le calculer. Certainement que cela a amené de nombreuses personnes à s’intéresser au groupe.

Tad Kubler : Je vois ça plutôt comme une chance de travailler sur quelque chose de différent,  de collaborer avec des gens extraordinaires que nous admirons beaucoup. Ce fût une expérience très enrichissante.

Comment expliquez-vous votre manque de notoriété en France ?

Craig Finn : En effet, nous sommes plus connus en Espagne, en Allemagne ou dans les pays scandinaves. Peut-être est-ce lié à la barrière linguistique, je ne vois pas d’autres explication. Aussi, il faut admettre que nous n’avons pas beaucoup joué en France.

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Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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