Interview de Chris Bay (Freedom Call)

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Formé à Nuremberg en Allemagne (mon lieu de naissance !) en 1998 par Chris Bay, Freedom Call propage la bonne humeur au travers de son happy metal dont le groupe seul détient la recette. Chris Bay nous a reçus dans la joie et …. la bonne humeur pour nous parler du nouvel album Beyond : une invitation à la philosophie du positivisme véhiculé dans cet album qui nous fait tant de bien en cet hiver froid et pluvieux.
J’ai été étonné d’apprendre que Freedom Call fêtait ses 15 ans d’existence. Le groupe Queen n’a duré que 5 ans de plus ! Quelle est votre secret de longévité ?

Chris Bay : Espérons que cela ne se termine pas aussi tragiquement (rires). Pour durer, un groupe doit vivre de l’amour que portent les membres au projet. L’objectif est bien sûr de remporter le maximum de succès et de gagner le plus d’argent possible. Quand on commence à jouer dans un groupe, on a en général autour de 20 ans et on est content d’être en tournée ou d’enregistrer un premier album.  Ton entourage est fier de toi. Et donc tout cela te motive à continuer. Très vite, il est question d’argent car il en faut pour survivre. C’est à ce moment-là que la première rupture fait son apparition car tu es dans l’obligation d’arrêter les études pour te consacrer au projet musical. C’est un moment décisif où il est question de ton avenir : dois-je notamment favoriser ma vie personnelle ? Certains vont choisir une voie sûre en gardant leur job à côté, ce qui va t’empêcher de partir en tournée et de bâtir une notoriété dans un périmètre géographique plus large. Un groupe demande énormément de concessions. Il faut donc que tous les membres y soient prêts. On est arrivés à un niveau où notre notoriété nous a convaincus que toute l’énergie déployé avait servi à quelque chose. Et nous vivons notre rêve.

Et votre rêve s’est matérialisé par une compilation de vos meilleurs morceaux.

Le fait de fêter ses 15 ans d’existence a bien évidemment favorisé le projet d’une compilation. Nous avons été très honorés que notre maison de disques nous le propose. En général, c’est plutôt le cas de groupes à très forte notoriété. On en est très fiers.

Je suppose que tu as réécouté tous les albums de Freedom Call ?

Oui, car il était de notre devoir de choisir les morceaux pour l’album. Les gens de ton entourage évitent de se retrouver dans cette situation. On s’en est donc occupés nous-mêmes. On y a pris énormément de plaisir car je n’écoute pas notre musique habituellement. Il y a des titres que je n’avais pas réécoutés depuis 12 ans. Je n’aurais pas reconnu Freedom Call tout de suite si certains morceaux étaient passés à la radio. C’est pour te dire ! Le plus intéressant a été d’étudier l’évolution du groupe album après album, car je les ai écoutés dans leur ordre chronologique. C’était un magnifique voyage dans le passé pour moi.

chris bay freedom call

En écoutant le nouvel album Beyond, j’ai eu cette impression de retour vers vos sources car les morceaux ressemblent à ceux de vos débuts. Cela s’explique-t-il par le fait d’avoir réécouté vos premiers albums ?

C’est très drôle, car j’ai eu des explications différentes de plusieurs journalistes à ce sujet. Il n’y en a aucune que je peux démentir car je n’en sais strictement rien. Il y a obligatoirement ce rapport à nos premiers albums. Pour répondre à ta question, je dirais que c’est la musique que nous souhaitons jouer actuellement.

Freedom Call a un nouveau line-up, quoique pas si neuf que ça en fait (Ilker Ersin, le bassiste du groupe était présent lors de sa formation et l’avait quitté en 2005).

Oui, en effet (rires). Cela a peut-être également influencé ce retour aux sources. On forme une vraie entité, car on vient pratiquement tous de la même région. On passe beaucoup de temps ensemble en tournée. Je n’ai pas vécu cela aussi intensément depuis quelques années.

Freedom Call semble donc enfin avoir retrouvé une stabilité dans son line-up.

C’est drôle car nous avons retrouvé la mentalité et l’énergie de nos débuts. On a l’impression que personne ne nous veut de mal et que nous allons conquérir le monde. Cela a certainement eu des répercussions sur le son de cet album.

chris bay photo freedom call

Il me semble identifier un concept sur Beyond, même si les chansons ne sont pas réellement reliées les unes aux autres par une histoire.

Nous sommes très proches de cette idée de concept car l’album est accompagné d’un livre de 40 pages dans sa version coffret qui introduit le contenu des paroles et l’esprit des chansons. Le livre, sans vouloir inculquer quoi que ce soit, explique notre philosophie de la vie, celle qui nous guide autant dans notre vie personnelle et que du groupe. Il s’agit d’une pensée positive et optimiste. La bonne humeur propagée par notre musique peut en saouler certains, mais nous nous en foutons complètement car nous sommes convaincus par notre message. Libre à chacun d’y adhérer ou pas.

De quoi s’agit-il concrètement ?

L’idée centrale est que tu peux vivre tes rêves si tu t’en donnes les moyens. La pensée positive y est automatiquement liée car il faut avoir certaines prédispositions pour reconnaître certaines choses et pouvoir les saisir. Il peut s’agir de petites choses dans le quotidien qui ne semblent pas importantes au premier coup d’œil. C’est cet au-delà, titre de l’album, auquel nous invitons les gens qui vont l’écouter.

Ce que tu expliques n’est pas sans rappeler l’autobiographie de Rudolf Schenker du groupe Scorpions qui véhicule la même idée.

Je ne l’ai malheureusement pas encore lue.

Le morceau Come On Home est très accrocheur et très festif. Je l’aurais plutôt vu en dernier pour clôturer l’album.

Ce morceau est accompagné d’un accordéon, même si j’avais pensé utiliser une cornemuse car on retrouve des sonorités celtiques sur ce morceau. Le texte est très proche du concept que je viens d’expliquer. Mais le morceau aurait bien eu sa place à la fin si le texte n’avait pas eu autant d’importance. Le morceau est court mais résume bien le concept.

chris bay interview

La chanson titre Beyond suit directement. Il dure près de 8 minutes et est complexe à l’inverse de Come On Home. Je le compte parmi vos meilleurs morceaux.

Merci ! On y passé pas mal de temps. J’ai injecté beaucoup d’émotions dans ce morceau, dont certaines d’ordre privée qui se sont produites lors de l’écriture. Le titre s’est rallongé du coup, mais je pense que cela lui convient parfaitement.

As-tu des projets parallèles à Freedom Call ?

J’ai déjà beaucoup à faire avec Freedom Call. Nous nous produisons beaucoup sur scène. Certains pensent que nous avons passé deux années à travailler sur le nouvel album. Mais nous passons énormément de temps sur les routes.

Pour finir, es-tu content par la notoriété de Freedom Call aujourd’hui ?

Pour être tout à fait franc, je n’arrive pas à juger le niveau de notoriété actuel du groupe et je doute que ce soit réellement calculable. A part les ventes d’albums et de billets de concert, il est très difficile de juger cela. Je ne m’en préoccupe pas d’ailleurs car quoi qu’il en soit, j’essaye de faire avancer le groupe au maximum.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

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Posted on by Thorsten in Interview

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