Corson : nouvel espoir de la pop made in France

Corson

Interview de Corson

Inconnu encore au moment où j’écris ces lignes, Corson (prononcez « Corsonne ») sort en janvier prochain son premier album. S’étant déjà fait remarquer avec son single We’ll Come Again, Corson nous présente un style atypique, mélangeant le pop/rock avec le chant lyrique, agrémenté de mélodies un brin mélancoliques. L’écoute de son album ne laisse pas indifférent, nous présentant des titres accrocheurs. Un morceau du calibre de Raise Me Up a tous les ingrédients pour devenir un tube. A quelques jours de son concert au Café de la Danse, nous avons rencontré l’artiste dans un petit troquet parisien pour lui poser quelques questions.

Ton EP Loud sort dans quelques jours.  Que cela t’inspires-t-il ?

Corson : J’ai hâte que les gens puissent l’écouter, car il contient des chansons qui me tiennent à cœur : le titre Made Of Pain, une version anglaise de Raise Me Up, ainsi que des inédits qui ne seront pas sur l’album comme Let It Go. L’EP est tout à fait complémentaire à l’album.

Ta carrière est lancée depuis 2011. Ton premier album paraît en début d’année prochaine. Que s’est-il passé tout ce temps-là ?

Corson : Je n’ai pas eu le temps de m’embêter, car plusieurs singles et de clips sont parus entre temps.  J’ai donné pas mal de concerts aussi un peu partout, en France, en Belgique et en Suisse. Le public qui est venu à mes concerts a déjà eu un aperçu de l’album, étant donné que je joue ces morceaux sur scène depuis quelque temps.

Corson photo

Ce n’est pas commun comme approche !

Corson : Oui, habituellement, c’est plutôt l’inverse qui se produit. La sortie d’un l’album précède généralement une tournée.J’ai joué We’ll Come Again, mon premier single, sur scène pendant deux ans dans des arrangements différents. Les chansons évoluent avec moi au fil du temps. L’album fige la chanson dans une version qui restera intemporelle, sans que celle-ci ne cesse pour autant d’évoluer sur scène. C’est un processus intéressant. Il est certain que je ne jouerai pas ces titres de la même façon que sur l’album dans les années à venir. A chaque tournée, on retravaille les arrangements des titres, tant pour le plaisir du public que du nôtre.

Afin que les lecteurs fassent plus ample connaissance avec toi, peux-tu s’il te plaît revenir sur ton passé musical ?

Corson : J’ai commencé par le piano à l’âge de 8 ans. Après quelques années de solfège, je suis rapidement passé à la composition et j’ai commencé à m’accompagner au piano. Adolescent, j’avais un groupe de rock avec lequel j’ai tournée en Lorraine, au Luxembourg et en Allemagne. C’est à cette époque que j’ai commencé à prendre des cours de chant classique. C’est le titre Miss Sarajevo, chantée en duo par U2 et Pavarotti, qui a révélé mes capacités en chant lyrique. Ça m’a donné envie d’étudier la technique du chant classique.

« Je sentais que la musique etait ma destinee. C’etait une evidence pour moi »

J’ai lu dans ta biographie que tu as également travaillé dans une banque.

Corson : Oui, c’est juste. Mais cela qui ne collait pas du tout. Je suis donc parti à Paris en 2002 afin d’essayer de vivre de la musique en travaillant sur divers projets en studio, des comédies musicales, opérettes, etc… Pendant tout ce temps,  je n’ai jamais cessé de composer et de présenter mes propres compos dans des petits bars, accompagné de ma guitare. L’objectif étant bien évidemment de sortir mon propre album. J’ai façonné mon propre style sur le morceau We’ll Come Again. Ce morceau a été le point de départ du projet Corson, car c’est sur ce morceau que j’ai eu l’idée d’utiliser le chant lyrique.

Tu as tout quitté pour la musique. Comment expliquer ce qui t’es passé par la tête à ce moment-là ? Il faut du cran pour cela !

Corson : Ce n’était pas l’idée que je me faisais de la vie. J’ai perdu ma mère étant jeune. Ça m’a fait réfléchir sur le sens de la vie, entre autres pourquoi elle avait entrepris que j’apprenne le piano. Au fond de  moi je sentais que la musique était ma destinée. C’était une évidence pour moi.

Ton premier album ne paraît qu’en janvier 2015. Comment expliquer que cela ait mis autant de temps.

Corson : J’ai commencé par travailler avec un producteur indépendant, qui a notamment produit We’ll Come Again à l’époque. Quand on a sorti le We’ll Come Again, le morceau est passé sur des radios régionales et nationales. On a commencé à se faire remarquer par Universal. Il a fallu restructurer tout cela et rencontrer d’autres équipes. Le chemin a été assez long pour en arriver là. Entre temps, on est sur les bons rails.

Corson interviw

Tu définis Corson comme étant un projet. Ne s’agit-il pas d’une carrière en solo ?

Corson : Evidemment, je me considère comme un artiste solo. A la fois, nous sommes un groupe de six personnes sur scène. Je n’aime pas l’idée d’être seul. Corson est donc également un groupe, tout en étant mon projet en solo à la fois.

J’ai entendu ta voix pour la première fois sur l’album de Sophie-Tith sur le duo Ces choses-là.

Corson : J’ai croisé Sophie lors d’un concert au Bus Palladium, car nous avons des amis en commun dans un groupe de musique. Elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup mon morceau We’ll Come Again. C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés. Quelque temps après, elle m’a proposé de chanter en duo avec elle sur Ces Choses-là, un morceau écrit par Mat Bastard (Skip The Use). En retour, je l’ai invité à chanter le morceau en duo sur scène lors de mon concert au Divan du Monde. Elle sera également à mes côtés le 14 novembre au Café de la Danse.

Tu as créé un style assez atypique que je définirais de pop lyrique. Quelles ont été les réactions du public au départ, notamment en te voyant sur scène ?

Corson : Le public dit apprécier, car cela change de ce qu’ils entendent habituellement. Ils se montrent surpris. Les gens qui me voient lors de promos en province viennent généralement me voir en concert après. On arrive donc à les accrocher. Les gens qui me suivent depuis mes débuts me sont restés fidèles depuis. Ils attendent d’ailleurs la sortie de l’album avec impatience depuis 2011.

A l’écoute de ton album, on remarque que tu portes beaucoup d’importance à la qualité des cordes.

Corson : J’ai travaillé sur les cordes avec un ami, Brice Davoli, qui est également influencé par la musique classique. Il a donc apporté une touche assez classique et onirique aux titres. Nous sommes partis à Budapest pour enregistrer avec un orchestre de 45 musiciens. C’est assez impressionnant d’entendre un orchestre jouer sur ton morceau.

Ton album véhicule-il un message en particulier ?

Corson : C’est avant tout un album qui me ressemble. J’ai une manière transcendantale de composer, c’est-à-dire que je suis dans mes pensées. C’est un peu comme être dans un rêve. Je laisse parler ce que j’ai sur le cœur. C’est mon inconscient qui parle lors de l’écriture. J’y parle beaucoup du rapport à la mort, aux gens que j’ai perdus, comme ma mère, ou des gens disparus dont les esprits nous poussent à aller de l’avant.

D’où la mélancolie qui traverse l’album

Corson : Oui, absolument ! Il y a aussi cette référence aux sentiments qui sont purs. Je suis assez rêveur et utopiste. Au sujet de la mort, je n’en parle pas comme quelque chose de triste. Pour moi, c’est plutôt le prolongement de la vie.

Le morceau Make A Stand sort clairement du lot par sa beauté.

Corson : On démarre d’ailleurs nos concerts par ce morceau. Cette chanson à une belle introduction. J’ai la chance de travailler avec un super violoncelliste, qui est accompagné seul au piano au début de la chanson. Ce titre épique fini en apothéose avec tout le groupe. Le pont est très classique. C’est un titre que j’adore.

Comment te prépares-tu avant tes concerts ?

Corson : Je me prépare beaucoup seul. Je m’enferme dans un studio pour travailler ma voix. Egalement, je travaille avec mon directeur musical, Brice Davoli, sur les arrangements des morceaux. On prépare en amont ce qui va se passer sur scène. La dernière étape étant de répéter le show avec les musiciens. Et le jour J on donne tout.

Corson photos

Ton concert au Café de la Danse approche à grands pas. Nous réserves-tu quelques surprises

Corson : Nous ferons quelques reprises, mais je ne te dirais par lesquelles. Mais si tu cherches un peu sur le net, tu trouveras. Le tout s’est de s’éclater sur scène.

Pour finir, je tenais quand même à te dire que tu ressemblais à Roch Voisine.

Corson : D’accord… (rires). On me l’a déjà dit. Et donc tu voulais savoir si je faisais un duo avec lui. C’est un beau mec, donc ça ne me dérange pas. Du coup, je ferais une reprise de Roch Voisine à mon concert rien que pour toi !
Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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