Tarja a la vitesse de croisiere

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Interview Tarja Turunen

Tarja Turunen est plus communément réputée pour sa carrière au sein du groupe Nightwish en tant que chanteuse lyrique jusqu’en 2005, quand elle se sépare du groupe et décide de démarrer une carrière solo. Force est de dire qu’elle a su se détacher de Nightwish pour être respectée en tant qu’artiste solo à part entière. On a retrouvé Tarja dans un hôtel parisien pour nous entretenir sur son nouvel album Colours In The Dark qui paraîtra en août. Rayonnante de bonheur, Tarja a répondu à nos questions avec le sourire.

Rock’N Concert : Comment vois-tu ta carrière solo par rapport à ton passé au sein de Nightwish ?

Tarja : La situation est différente après avoir été membre d’un groupe. Je vole de mes propres ailes aujourd’hui en tant qu’artiste. Je considère que je suis passée de chanteuse au statut d’artiste. Car au sein de Nightwish, je n’ai jamais participé à l’écriture des chansons. Les choses ont donc réellement changé dans le bon sens (rires), car je suis libre en tant qu’artiste. Cela s’applique à tout ce que je fais. Je suis très heureuse.

R’N C : Ta carrière solo te permet donc de t’affirmer en tant qu’artiste.

Tarja : Bien évidemment, dans le sens où j’ai une voix maintenant.

R’N C : Tu l’avais avant !

Tarja : Mais, car il y a un grand « mais », je peux m’épanouir artistiquement maintenant. Cela vient de la liberté qui me permet de choisir les gens avec lesquels je souhaite travailler, d’écrire mes propres chansons et de les interpréter pour mon public. C’est un cadeau incroyable. C’est tout-à-fait différent. Dans ce sens, je suis heureuse d’avoir pu vivre cette expérience au sein d’un groupe pour comprendre tout cela et arriver à réaliser mes rêves.

R’N C : Comment ce détachement artistique s’est-il passé ?

Tarja : Au départ ça n’a pas été facile du tout de démarrer ma carrière solo. Je pense que je devais passer par ces difficultés. J’ai avancé pas à pas avec mon premier album. J’ai dû chercher en moi pour savoir ce que je voulais exprimer, comment le faire et avec quels moyens. Au fil de mes albums, il s’agissait d’un processus d’apprentissage.

R’N C : Ce nouvel album est-il l’album de la maturité ?

Tarja : Oui, bien sûr ! Cet album m’a permis de gagner en confiance. Je suis prête pour le challenge et ce que le futur m’apportera. J’ai envie d’aller plus loin. Auparavant je riais quand les gens me disaient que le troisième album était celui de la maturité. Mais je dois admettre que c’est bien vrai.

R’N C : Ton nouveau single Victim Of Ritual débute par la reprise du Bolero de Ravel. Était-ce pour rendre hommage à la France ?

Tarja : Non, il ne s’agit pas d’un hommage. Mais j’ai dû creuser dans ma discothèque classique afin de trouver le morceau qui collerait à ce titre rock et lui donner l’émotion qu’il nécessite.

R’N C : L’album démarre sur ce morceau !

Tarja : Oui, quand j’ai trouvé cette combinaison, j’ai décidé qu’il fallait démarrer par cela. Je trouve très intéressant d’offrir ce rythme en début d’album. C’est très théâtral. J’adore ça !

R’N C : Comparé à tes précédents albums, ce nouvel album semble plus obscure. Les guitares sont plus présentes. Est-ce également ton analyse ?

Tarja : La guitare électrique représente l’énergie. Cet amour pour la guitare vient de l’influence de groupes de métal américains que j’écoute beaucoup. J’ai la chance d’avoir travaillé avec deux guitaristes exceptionnels, Alex Scholpp et Julian Barrett qui vient d’Argentine. C’est assez rapide de travailler sur les parties de guitare car ils savent parfaitement ce que j’attends d’eux. On parle le même langage musical. Les guitares amènent l’énergie nécessaire et doivent être les plus agressives possible. J’ai beaucoup travaillé avec Tim Palmer lors du mixage des guitares pour leur donner un côté bombastique. Pour le côté symphonique, cela vient de ma passion pour la musique classique. En tant que chanteuse lyrique, j’ai beaucoup travaillé dans ce style musical.

R’N C : Pourquoi le choix de Tim  Palmer ?

Tarja : On avait déjà travaillé ensemble sur quelques morceaux du précédent album. Je voulais absolument qu’il mixe la totalité du nouvel album. Il est très talentueux. Il a travaillé avec de nombreux grands groupes (Pearl Jam, U2) et a mis toute sa passion au service de ma musique. J’étais impressionnée qu’il me respecte autant.

R’N C : Tu fais des reprises de grands artistes sur tes albums, notamment Alice Cooper. Cette fois-ci tu as choisi Peter Gabriel, dont je suis un grand fan. 

Tarja : Vraiment ? Surement pas autant que moi (rires).

R’N C : Pourquoi le choix de Peter Gabriel et du titre Darkness ?

Tarja : Je suis une grande fan depuis l’époque de Genesis. Il a été une grande influence pour moi. Ses albums comptent énormément pour moi dans le sens où, quand il en sort un nouveau, je suis impatiente de l’écouter. Ça fait longtemps que je prévois de faire une reprise de Darkness. Je ne pensais pas la faire, mais certaines personnes dans mon entourage m’ont convaincue. J’ai changé le rythme par rapport à la version originale. J’ai également expérimenté avec ma voix. J’ai utilisé ma straight vocal, ce que je n’avais plus fait depuis l’âge de 12 ans. Je ne la connais que très peu par rapport à ma voix lyrique. Tout le monde a travaillé très dur sur ce titre.

R’N C : En visionnant ton DVD live Act I, tu sembles si à l’aise sur scène. Que cela représente-t-il pour toi ?

Tarja : Je considère la scène comme mon deuxième chez moi. Si je n’étais pas capable de me produire sur scène, je serais très malheureuse. Même si je suis déjà en tournée avec Mike Terrana sur le projet Beauty And The Beat, j’ai hâte d’emmener ce nouvel album en tournée avec mes musiciens.

R’N C : Où ce DVD a-t-il été enregistré ?

Tarja : Dans une magnifique salle d’opéra qui se trouve à Rosario en Argentine. Je m’y suis produite pour la première fois en 2011 en tant que premier artiste de rock à avoir droit de s’y produire. Je suis tombée sous le charme de cette salle. J’ai décidé à ce moment-là de venir y enregistrer mon premier live. L’autre raison est que je réside en Argentine maintenant. Je voulais que mes fans voient ce public fabuleux.

R’N C : Sur ce live, tu reprends le thème principal de la comédie musicale Le Fantôme de l’Opéra. Aimerais-tu un jour composer ta propre comédie musicale ?

Tarja : Quand je compose, j’ai des images qui me viennent à l’esprit. C’est comme si je peignais des images avec ma musique. J’aime également que le public crée ses propres images en écoutant ma musique. Ça serait donc fabuleux pour moi d’écrire ma propre comédie musicale ou la bande originale d’un film. Ça serait un gros challenge.

R’N C : J’ai découvert que ta propre fille participait sur l’album. Quel âge a-t-elle ?

Tarja : Elle a 10 mois (rires) !

R’N C : Vraiment ?

Tarja : Pendant l’enregistrement de Act I, j’étais enceinte. Après cette longue tournée, je suis rentrée chez moi pour commencer à travailler sur le nouvel album. Ma fille est née à ce moment-là. Elle a voyagé dans le monde depuis l’âge de deux mois déjà. Depuis mars, elle est accompagnée de ses deux parents. Elle est d’ailleurs à Paris avec nous en ce moment même. Elle semble déjà avoir accepté ce mode de vie. Je me devais de l’enregistrer et de l’utiliser sur l’une des chansons car elle commençait à s’exprimer. Il est possible qu’elle m’en veuille un jour pour cela (rires).

R’N C : Comment ta carrière va-t-elle évoluer, notamment en France ?

Tarja : Je travaille avec un nouveau label qui s’intéresse réellement à moi. Ils se montrent intéressés de travailler avec moi en tant que chanteuse de musique classique. Des tourneurs français contactent ma maison de disques pour me faire venir en France pour des dates de concerts.

R’N C : Tarja, merci pour cet entretien.

Propos recueillis par Thorsten Wollek

Posted on by Thorsten in Interview

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