Le charme australien opere

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Interview : Sarah Blasko

Véritable star en Australie, Sarah Blasko sort son nouvel album I Awake dans les prochains jours. Avec pas moins de 4 albums à son actif, Sarah Blasko commence plus sérieusement à se faire connaître en Europe. Nous l’avons retrouvé lors d’un bel après-midi ensoleillé dans un charmant petit hôtel dans le centre de Paris. Découvrez cette artiste à la voix sublime. Sarah Blasko se produira au café de la Danse le 16 avril prochain.

Rock’N Concert : Tu en es à ton 4ème album. Dirais-tu qu’il s’agit de ton album le plus mâture ?

Sarah Blasko : Je ne sais pas trop en fait comment le définir. Je dirais qu’il s’agit certainement de mon album le plus personnel. Il s’agit également de mon travail le plus conséquent en termes de d’énergie investie, car on a travaillé avec un orchestre. I Awake représente un grand pas en avant pour moi. Je me laisse porter là ou mes idées m’amènent. Je ne juge pas trop ce que j’ai fait auparavant et je vois chaque chose comme une avancée. Mais il s’agit probablement de mon album le plus fort.

R’N C : Tu as pris plus de contrôle sur le processus d’enregistrement. Etait-ce le cas sur les précédents albums ?

Sarah Blasko : J’ai toujours eu plus ou moins de contrôle sur ce que je faisais, même si je n’aime pas trop ce mot. Je suis trop arrêté sur mes avis pour me reposer sur d’autres personnes lors de l’enregistrement. J’ai donc toujours été très active à ce niveau-là. Cette fois-ci j’ai voulu le produire moi-même. Le fait d’être capable de produire son propre travail me semble être une compétence importante pour un artiste.

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R’N C : Comment s’est passé le travail avec l’orchestre ?

Sarah Blasko : J’ai d’abord écrit la musique et ensuite j’ai demandé à un ami de s’occuper des arrangements de l’orchestre car il connaît mes attentes. Je ne souhaitais pas rémunérer un professionnel extérieur car je souhaitais activement participer à ce processus. Je désirais être impliquée dans la manière dont l’album allait sonner. Je voulais surtout apprendre. Je leur ai fait écouter quelques références d’albums pop avec des orchestres car je savais précisément ce que je voulais. Il y a deux manières d’inclure l’orchestre : soit le mettre vraiment en avant, soit l’inclure de manière plus discrète. Et on a voulu faire les deux.

R’N C : Tu t’es produite avec un orchestre à Sydney. Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ?

Sarah Blasko : J’ai adoré ça, c’est une des meilleures choses que j’ai pu faire. C’est d’autant plus spécial à mes yeux que je viens de Sydney. C’était très excitant de jouer là-bas devant ma famille.

R’N C : Savais-tu que tu allais inclure un orchestre au moment de l’écriture de cet album ?

Sarah Blasko : Oui, je savais assez tôt que je souhaitais faire appel à un orchestre. Dans un sens je réalisais un rêve. J’ai écrit ces chansons sur des instruments simples et je me suis dit que ce serait une bonne idée d’inclure un orchestre pour aller à l’autre extrême… du coup je ne sais plus quelle était la question….

R’N C : Moi non plus… (rires) ! Savais-tu que tu allais inclure un orchestre au moment de l’écriture de cet album ?

Ces chansons peuvent exister à la fois sans l’orchestre. Mais il s’agit de deux styles différents. J’ai voulu laisser de la place à l’orchestre, du coup la couche basique des chansons reste simple. Je n’utilise que les instruments de base que sont le piano, la batterie et la basse.

R’N C : La pochette est magnifique. As-tu peins cela toi-même ?

Sarah Blasko : Non. Je vais vous poser une question : pouvez-vous voir le visage dans cette peinture ?

R’N C : Je vais être franc. Je ne l’ai pas vu tout de suite…

Sarah Blasko : J’ai mis quelques temps à réaliser que de nombreuses personnes ne le voyaient pas. Je me suis sentie attirée par ce visage en découvrant la peinture lors d’une exposition à Stockholm. J’ai trouvé que cette œuvre traduisait pas mal de choses que je ressentais et que je souhaitais véhiculer au travers de ma musique. Ce qui m’a attiré est le fait qu’on a du mal à définir l’expression du visage. Cela peut représenter la douleur, le sommeil ou la mort. J’ai pensé que cela collait parfaitement à cet album, car la plupart des titres ont pour sujet la complexité des émotions.

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R’N C : Quel impact cet album doit-il après l’avoir écouté ?

Sarah Blasko : C’est intéressant comme question. J’aimerais que la personne se sente plus forte. Au début il doit avoir l’impression de se perdre en pleine mer mouvementée pour finalement se retrouver au calme. Il passe par différents états émotionnels. L’album démarre et finit sur des propos très fort. La première parle de l’éveil et la dernière de la mort. Entre les deux, il y a de nombreuses chansons d’amour. Cela raconte la vie quelque part.

R’N C : Dans quel état d’esprit as-tu écrit ces chansons ?

Sarah Blasko : J’ai composé ces chansons loin de chez moi dans un état de nostalgie et de solitude. Mais c’est un état positif dans lequel tu es forcé de faire le point sur ta vie, sur les choses qui sont importantes à tes yeux. C’est un moment difficile à passer mais durant lequel des choses positives se dégagent. J’arrive mieux à écrire quand je ne me sens pas tout à fait à l’aise.

R’N C : Tu es une star nationale en Australie. Comment vis-tu le fait que tu n’aies pas la même notoriété en Europe ?

Sarah Blasko : Je joue devant un public plus retreint en Europe. En même temps je ne démarre pas de zéro. J’ai de la chance à ce niveau-là. Il est intéressant de jouer devant des publics de différents pays. Les expériences son différentes que de jouer en Australie ou en Europe, où je suis plus proche du public dû au fait de jouer dans des petites salles. Mais j’apprécie les deux. Mais il m’arrive également de jouer dans des clubs en Australie dans des coins plus reculés du fait de la taille immense du pays. Je vis donc le même type d’expérience là-bas.

R’N C : Peux-tu nous parler des dates à venir, notamment ton concert au Café de la Danse ?

Sarah Blasko : J’y ai déjà joué et j’aime beaucoup cet endroit car cela ressemble à un théâtre. Nous serons cinq sur scène. Ce groupe m’accompagne depuis plusieurs années déjà. Le fait de jouer sans l’orchestre dégage une tout autre énergie.

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R’N C : Ecoutes-tu un peu de musique venant de France ?

Sarah Blasko : Oui, et je pense notamment à Serge Gainsbourg, dont l’album Histoire de Melody Nelson a été une grande influence dans l’écriture de I Awake. Je m’en suis inspiré dans l’utilisation des parties orchestrales. Il s’en servait de manière très rusée pour créer des ambiances dramatiques sur seulement certains passages. Elles créent un maximum d’impact sur les passages où elles sont utilisées. Mais l’album dans sa globalité reste assez simple avec le chant, la batterie et la basse. Cela valorise les personnages dont il est question dans les chansons. J’aime cette simplicité.

 

R’N C : Sarah, merci pour cet entretien.

Propos recueillis par Thorsten Wollek – Photographe Carsten Wilde

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Posted on by Thorsten in Interview, pop, rock, rock/pop

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