Half Moon Run au Trianon : epatants !

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Découverts lors de la première – première partie du concert de Mumford and Sons au Trianon en mars dernier, Half Moon Run se représentait dans la salle du boulevard Rochechouart le vendredi 15 novembre dernier, mais cette fois-ci avec leur nom en haut de l’affiche. Le groupe de rock indé canadien a prouvé une fois encore toute sa puissance sur scène en jouant l’intégralité de son premier album Dark Eyes.

C’est avec une certaine surprise que l’on constate la salle aussi comble, avec les deux balcons du Trianon ouverts, contrairement au concert de Travis, qui, quelques semaines plus tôt, n’avaient réussi qu’à remplir un seul étage. Comme quoi il est difficile de prédire le succès d’un concert.

Dans le rôle de la première partie, les irlandais de Little Green Cars se présentent au public français. Un très bon groupe avec un premier album studio extra intitulé Absolute Zero, des voix magnifiques, celles de Stevie Appleby et Faye O’Rourke, et un single puissant, Harper Lee. Malheureusement, les dublinois n’emballent pas la salle plus que ça malgré leur potentiel et cèdent la place assez vite à Half Moon Run.

Ah, on a beau dire, mais le Québec est une terre sacrée pour les groupes de rock indé. Après Arcade Fire, voici Half Moon Run, composé de 4 membres, dont le guitariste et chanteur Devon Portielje ainsi que Conner Molander au chant, à la guitare et au clavier, dégagent une énergie incroyable. Molander est le premier que l’on remarque sur scène : coiffé d’un chapeau et s’échauffant tel un athlète avant une grande compétition, il sourit au public. Les canadiens donnent le ton avec 21 Gun Salute et déchaînent instantanément les premiers rangs.

Portielje et Molander feront le show sur le devant de la scène toute la soirée. Sur le morceau suivant, Nerve, un balai de guitares sèche et électrique s’exécute sous nos yeux : ils sautent et tournent comme des ptits fous. Et quand vient le titre d’après au son du clavier, le public crie sa joie pour Judgement qui secoue les têtes et fait taper dans les mains jusqu’à la dernière note.

Lorsque Portielje prend sa guitare sèche et s’installe devant le micro, mèche grasse dans les yeux, c’est une petite accalmie. No More Losing The War réchauffe les cœurs et apaise les esprits, quand bien même la guitare électrique de Molander rugit de temps à autre. A cet instant, le batteur et claviériste québécois Dylan Phillips prend la parole en français, et de son bel accent, remercie les fans français pour les avoir suivis depuis la Maroquinerie. Ce Philipps épate la galerie lorsqu’il joue simultanément de la batterie et du clavier sur Turn Your Love.

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Musicalement, Half Moon Run propose une belle palette de sons différents. On peut entendre l’harmonica à l’arrière de belles et douces voix comme sur Unofferable, comme on peut se prendre un festival de percussions qui cognent les tympans sur Call Me In The Afternoon, morceau qui provoque la folie dans tout le Trianon, de la fosse jusqu’au plafond. Portielje, Philipps et Isaac Symond (l’homme orchestre discret du fond de scène) se retrouvent tous les trois aux percu et tapent comme des sourds. Le « Je vous aime Paris » de Devon Portielje met un point final à l’un de leurs meilleurs titres.

Le concert monte en intensité. HMR enchaînent et le public se met carrément à sauter dès l’entame de Drug You. Ça tape des mains et reprend les paroles en chœur avec le groupe. Ça se déchaîne puis ça se calme d’un coup. « We’ve got a love song for You »… Need It donne un peu d’air et berce les amoureux dans la salle. «Si vous connaissez les paroles… » ajoute Philipps juste avant de jouer le premier titre de leur album, Full Circle. Oh que oui ils la connaissant… on dirait même qu’ils la connaissent par cœur, et le groupe s’arrête de jouer pour écouter la salle s’égosiller. Fort !

Fire Escape, Give Up et She Wants to Know emportent les musiciens dans un tourbillon d’hystérie. Les guitaristes se jettent à genoux, se couchent sur scène et sautent dans tous les sens, alors que les percussionnistes matraquent sans fin pour tenir cette cadeance rythme endiablée. Le rappel ramènera tout le monde à la raison lorsque les quatre membres du groupe interpréteront, à la manière de Mumford and Sons, un titre sans micro, uniquement accompagné d’une guitare sèche et d’une mandoline. Pour le rythme, HMR tapent du pied et sont vite imités par les fans. Le sol du Tirnaon en tremble encore.

Blues est le morceau qui conclue la soirée en douceur, avec, comme son nom l’indique, une touche de blues dans le rythme et la guitare électrique. Le public, comme les musiciens dans leur délire, sont à genoux. Une belle soirée qui a mêlé à la fois un groupe de grand talent et un publique trianesque toujours bouillant.

Posted on by Romain Hemelka in en concert, Non classé, rock

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